Guinée-Bissau : le 2e vice-président du CNT, Nelson Moreira, défend la légitimité du référendum constitutionnel
À quelques jours du référendum constitutionnel prévu le 30 août 2026, la Guinée-Bissau est au cœur d’un débat politique intense. Le projet de nouvelle Constitution, qui prévoit notamment un renforcement de certains pouvoirs du président, est critiqué par des partis politiques et des organisations de la société civile qui dénoncent une dérive autoritaire et l’exclusion de certains acteurs du processus.
Dans une interview accordée à RFI, le deuxième vice-président du Conseil national de transition (CNT), Nelson Moreira, a rejeté ces accusations, affirmant que « le pays a besoin de respirer ». Selon lui, la révision constitutionnelle est légitime et inclusive, car elle a toujours fait l’objet de débats et n’a écarté aucun segment de la société guinéenne. Il a rappelé que le PAIGC, principal parti d’opposition, ainsi que le PRS et le MADEM, sont représentés au CNT, aux côtés de la jeunesse, du pouvoir traditionnel et de la société civile.
Face aux critiques sur une possible concentration du pouvoir présidentiel, Moreira a assuré qu’aucun article du projet ne transforme le président en chef du gouvernement. La seule nouveauté, selon lui, est que le président présidera désormais le Conseil des ministres, mais « conformément aux dispositions constitutionnelles et non pas à sa guise ». Il a également précisé que le Premier ministre continuera d’être nommé par le président, en tenant compte des résultats électoraux et de l’existence d’une majorité stable à l’Assemblée nationale populaire.
Interrogé sur l’exclusion de la diaspora du processus référendaire, Moreira a invoqué des contraintes financières et juridiques. « Un État comme la Guinée-Bissau, surtout dans le contexte actuel, n’est pas en mesure de soutenir ce processus. C’est pourquoi, et ce n’est pas la première fois, le droit de vote a été limité aux citoyens résidant en Guinée-Bissau », a-t-il justifié.
Ce référendum est présenté par les autorités comme une étape décisive de la transition, visant à doter le pays d’un nouveau cadre constitutionnel censé renforcer la stabilité institutionnelle et clarifier la répartition des pouvoirs entre les organes souverains. Mais il reste marqué par une forte polarisation politique et sociale, qui pourrait influencer la perception et l’issue de ce scrutin.
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