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Anacarde, tourisme, mangue : Pourquoi le pôle Sud peine toujours à décoller malgré d'immenses richesses

Auteur: Max Euclide Kanfany

Anacarde, tourisme, mangue : Pourquoi le pôle Sud peine toujours à décoller malgré d'immenses richesses

Anacarde, tourisme, mangue : Pourquoi le pôle Sud peine toujours à décoller malgré d'immenses richesses

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La restitution du rapport monographique du pôle Sud à Ziguinchor a mis en évidence les paradoxes d’un territoire doté de ressources considérables, mais incapable de les transformer en véritables leviers de compétitivité. Réalisée par l’Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT) — organisme public chargé de concevoir et coordonner les politiques d’aménagement du territoire —, l’étude fournit à l’État et aux acteurs économiques des instruments de planification sur un horizon de dix ans. Les interventions de Moussa Sall, coordonnateur de la Task-force du Programme d’amélioration de la compétitivité et de l’emploi (PACE), et de Modou Mamoun Diop, préfet d’Oussouye, ont permis de relever avec précision les défis qui freinent le développement de Ziguinchor et du pôle Sud.

​Moussa Sall a rappelé que l’approche du PACE repose sur la structuration des chaînes de valeur, condition indispensable à la création de richesse. Il a pris l’exemple de la filière anacarde, où la région perd entre 40 et 50 % de la valeur des noix de cajou, faute de transformation locale. Les industries de transformation, bien que présentes, peinent à s’approvisionner régulièrement en matières premières, ce qui fragilise l’ensemble du système productif. Les statistiques ne sont pas stabilisées entre Ziguinchor et Sédhiou, ce qui complique davantage la maîtrise de la filière. « Si vous ne structurez pas vos chaînes de valeur, vous ne créez pas de développement », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de positionner le secteur privé sur tous les maillons.

​Le rapport met aussi en évidence le paradoxe du secteur touristique. Malgré 850 kilomètres de côtes et un potentiel exceptionnel en matière d’écotourisme, Ziguinchor peine à attirer plus de 10 000 visiteurs par an, un chiffre dérisoire comparé à l'objectif national d'un million de touristes ciblés par le Sénégal. L’enclavement chronique de la région constitue un frein majeur à son attractivité. Pour rejoindre Ziguinchor par la voie terrestre, il faut souvent traverser un pays voisin, ce qui limite la mobilité, freine les investissements et plombe la valorisation des filières locales.

​Le Coordonnateur de la Task-force du PACE a également insiste sur la nécessité de concevoir le développement à l'échelle de pôles intégrés. Les chaînes de valeur de la mangue, de l’arachide, des oléagineux ou de l’anacarde transcendent les frontières régionales et nécessitent une approche concertée entre Sédhiou, Kolda et Ziguinchor. Il a souligné que si Ziguinchor compte quelques grandes entreprises solides, le tissu des PME y reste fragile, nécessitant un accompagnement renforcé pour bâtir des écosystèmes économiques durables. La Direction du Développement du Secteur Privé (DDSP), à travers la stratégie nationale de développement et d’investissement, entend déployer des plans d’accompagnement pour consolider ces filières.

​Le Préfet d'Oussouye, Modou Mamoun Diop, a pour sa part salué la portée de cette étude monographique qui permet de mieux cerner les forces et faiblesses du territoire. Représentant le Gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, l'autorité administrative a rappelé que le pôle Sud doit surmonter d'importants défis infrastructurels. « Pour venir ici, il faut la plupart du temps traverser un pays voisin », a-t-il souligné, désignant l’enclavement comme un handicap majeur. Selon lui, cette étude offre aux acteurs locaux une base factuelle solide pour orienter la prise de décision et doter l’État d’outils d'évaluation pertinents.

​Ce rapport monographique du pôle Sud résonne ainsi comme un appel urgent à l’action. Sans une structuration rigoureuse des chaînes de valeur, une promotion active de l’écotourisme et un désenclavement effectif, Ziguinchor risque de rester en marge de la dynamique économique nationale.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Le pôle Sud, malgré ses ressources, perd 40 à 50 % de la valeur des noix de cajou faute de transformation locale, selon Moussa Sall du PACE. - Le tourisme à Ziguinchor attire moins de 10 000 visiteurs par an, contre un objectif national d'un million, en raison de l'enclavement terrestre qui oblige souvent à traverser un pays voisin. - Le rapport de l'ANAT souligne la fragilité des PME et la nécessité d'une approche intégrée entre Ziguinchor, Sédhiou et Kolda pour structurer les chaînes de valeur comme la mangue ou l'anacarde.
Auteur: Max Euclide Kanfany
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Commentaires (1)

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    Bgz il y a 2 mois
    Au Sénégal c'est risqué d investir dans l agriculture à cause des chaînes de valeur défaillantes.

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