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Quand les fournitures coûtent plus cher que la scolarité : Entre débrouille et élans de solidarité face à la vie chère

Auteur: Sokhna Faty Isseu SAMB

Quand les fournitures coûtent plus cher que la scolarité : Entre débrouille et élans de solidarité face à la vie chère

Quand les fournitures coûtent plus cher que la scolarité : Entre débrouille et élans de solidarité face à la vie chère

​Au Sénégal, l’approche de la rentrée des classes n’a plus le goût de fête dans de nombreux foyers. Dans les allées des marchés comme dans les librairies, l'enthousiasme laisse place au désarroi grandissant. Entre la hausse continue du prix des cahiers, l'achat des uniformes et l'obligation d'acquérir de nouveaux manuels, le coût des fournitures scolaires dépasse désormais celui de la scolarité elle-même.

​Dans de nombreux foyers, l'établissement de la liste des fournitures met les budgets à rude épreuve. D’un côté, des pères de famille essoufflés par le cumul des charges de fin d'année ; de l'autre, des mères seules qui doivent redoubler d'efforts pour que leurs enfants ne soient pas lésés en classe. Aïssatou Faye, mère célibataire de trois enfants, ne masque pas son inquiétude lorsqu'elle évoque l'imminence de la réouverture des classes : « Chaque année, les prix grimpent et la facture s'allonge. Pour mes trois enfants, l'achat des fournitures est devenu une véritable montagne à franchir. On essaie d'économiser durant les vacances, mais une fois au marché, le budget prévu ne suffit plus », se désole-t-elle. Ousseynou Traoré, père de cinq enfants, déplore lui aussi une situation devenue intenable pour les chefs de famille : « Quand on a une famille nombreuse, la rentrée devient une épreuve redoutable. Entre les cahiers, les tenues et les livres demandés, les dépenses globales atteignent des sommes exorbitantes. Cela dépasse parfois le coût de l'inscription. C'est un fardeau financier que beaucoup d'entre nous n'arrivent plus à porter », soutient-il.

​La surenchère des manuels « jetables »

​Au-delà de la cherté générale, c'est la généralisation des cahiers d'activités à usage unique qui cristallise la colère des parents, rendant impossible le passage des manuels entre frères et sœurs ou l'achat en seconde main. Astou Gaye, parente d'élève, garde un souvenir amer de ses derniers passages en caisse pour le niveau primaire : « Auparavant, un livre pouvait servir à plusieurs enfants d'une même famille. Aujourd'hui, on nous impose des cahiers d'activités avec des transcriptions directes dessus : ce sont des livres jetables. Il s’agit principalement des livres tels que "Découverte du monde", "Français", "Mathématiques"... On ne peut pas les réutiliser après une année d’usage. Pourtant, ce sont des livres chers. À 3 500 FCFA l'unité, cela fait 14 000 FCFA uniquement pour les manuels d'un seul enfant. Imaginez pour quelqu'un qui a quatre enfants : c'est 56 000 FCFA rien que pour les livres, sans compter le reste. Et il faut encore acheter les cahiers, les sacs et les tenues. »

​Cette réalité est confirmée sur le terrain par les vendeurs eux-mêmes. Selon Ousmane Gueye, marchand de livres « par terre », les parents d'élèves sont extrêmement inquiets. Il explique que les livres au programme ne peuvent plus se vendre en seconde main car ils ne sont utilisables qu'une seule fois, en raison des changements fréquents d'éditions et de leur coût élevé. Seuls les romans de littérature restent encore accessibles sur le marché d'occasion.

​Le recours à Colobane : la friperie comme alternative au prêt-à-porter

​Face à ces dépenses asphyxiantes, les ménages redoublent d'ingéniosité pour habiller leurs enfants sans se ruiner. À Colobane, dès 7 heures du matin, le marché regorge déjà de monde. De nombreuses mères de famille s'y pressent pour acheter des vêtements de friperie, dans l'impossibilité de s'offrir du prêt-à-porter après avoir acheté les fournitures scolaires au prix fort. Fanta Sall est maman de quatre enfants : deux au primaire et deux au collège. Elle est venue faire ses achats pour la rentrée : « Avec tout ce qu'on a dépensé pour les fournitures scolaires, j'ai proposé à mon mari de venir à Colobane acheter pour les petits. Ici, on trouve des choses rares et jolies à moindre coût », explique-t-elle, le sourire aux lèvres. « Le prêt-à-porter n'est plus accessible pour une famille nombreuse. Et il y a de la qualité avec la friperie. Une fois à la maison, je vais tout laver et repasser. Même les sacs de mes enfants seront pris dans la friperie », confie-t-elle.

​L'appel à la régulation et la dénonciation de la marchandisation

​Face à cette détresse sociale, les représentants des parents d'élèves réclament une intervention ferme des autorités publiques pour réguler le marché. Abdoulaye Fané, président de l'Union nationale des parents d'élèves et d'étudiants du Sénégal (UNAPES), dresse un constat sans concession sur les dérives du secteur commercial et le désengagement local : « Les montants connaissent une tendance haussière chaque année. Ce qui porte préjudice aux familles très démunies, déjà confrontées à beaucoup de charges. C'est l'État qui doit agir au niveau des librairies et des manufactures de confection de cahiers. Il faudrait un dispositif à travers le ministère de l'Éducation nationale, et pourquoi pas des imprimeries publiques pour amoindrir les coûts. »

​Le président de l'UNAPES pointe également du doigt le recul des soutiens municipaux et les pratiques abusives au sein de l'école : « Auparavant, les mairies intervenaient et beaucoup de fournitures étaient prises en charge par les communes dans le cadre des compétences transférées. Aujourd'hui, beaucoup ne le font plus, confrontées à une situation financière très difficile. Mais au-delà de cela, il y a la marchandisation de l'école qui s'installe comme une gangrène. On assiste à l'arrivée de nouveaux commerçants qui gèrent des établissements scolaires tout simplement pour se faire de l'argent. »

​Pour restaurer l'équité, Abdoulaye Fané rappelle que l'UNAPES s'est battue pour faire interdire la vente obligatoire de fascicules payants dans le moyen-secondaire. Il préconise également la relance d'initiatives solidaires comme l'« Opération Ndeye Jiabar », qui organisait des bourses d'échange et des ateliers de réparation de vieux livres entre parents dans les écoles, tout en conseillant aux familles d'étaler leurs achats par priorité sur le premier trimestre.

​« Cagnotte scolaire » : l'élan citoyen pour secourir les familles

​Face à l'urgence du terrain, des chaînes de solidarité citoyenne s'organisent pour pallier les difficultés des ménages les plus vulnérables. Nata Dieng, actrice engagée dans le domaine social, explique que l'idée de venir en aide aux parents démunis s'est imposée à elle face à la réalité des rentrées scolaires : « C'est devenu très cher entre les cahiers, les livres et les uniformes. Ils coûtent plus cher que la scolarité elle-même, et à ce rythme, la rentrée va devenir un fardeau pour beaucoup de familles. C’est face à ce constat que j’ai créé la "Cagnotte scolaire" le 9 octobre 2024. »

​L'objectif de cette initiative est de faire en sorte qu'aucun enfant ne soit laissé de côté faute de matériel. Après le succès d'une première édition qui a redonné le sourire à de nombreux élèves, Nata Dieng et son équipe préparent activement la deuxième édition de la campagne : « Notre ambition pour cette nouvelle édition est de faire plus et mieux : toucher davantage de bénéficiaires et distribuer des kits scolaires complets pour garantir à chaque enfant les mêmes chances de bien démarrer l'année. »

​Alors que la cloche s’apprête à sonner dans l’enceinte des établissements, l'initiatrice lance un appel à la mobilisation collective des entreprises, associations et citoyens : « Ensemble, soutenons l’éducation de nos enfants. Faisons de la rentrée une fête pour tous. »

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⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Au Sénégal, le coût des fournitures scolaires dépasse désormais celui de la scolarité elle-même, selon des parents comme Aïssatou Faye et Ousseynou Traoré. - Les cahiers d'activités à usage unique, à 3 500 FCFA l'unité, ne peuvent être réutilisés, obligeant les familles à racheter les manuels chaque année. - Face à ces dépenses, des mères se tournent vers la friperie à Colobane, tandis que l'UNAPES réclame une régulation du marché et dénonce la marchandisation de l'école.
Auteur: Sokhna Faty Isseu SAMB
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Commentaires (17)

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    Sen xarit ⭐ Top commentaire il y a 4 semaines
    Dommage pour ce pays , le premier probleme , c edt le peuple lui meme qui profite de toutes les occasions pour augmenter les prix. Dieu aide ces familles. J ai mal quand j entends parfois des enfants brillants qui abandonnent l ecole faute de moyens
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    Ô Monde devenu plus dur il y a 4 semaines
    De tous les Fournitures ont coûté plus chères que la scolarité. Au Bon Vieux temps des années bonheur indépendances, l'État socialiste de Senghor remettaient de généreux Dons aux élèves de l'école publique alors glorieuse plus des uniformes Kaki. Fini tout cela ! Ils ont essayé il ya deux ans avec des tailleurs choisis, mais curieusement ça ne sent pas dans l'ecole et dans les rues comme dans certains pays Africains, tout le monde en uniforme, y compris au lycée et collège. Anna Khaliss bii ??
    Dans les écoles privées, les parents ont fait le choix d'être riches ou paraître riches. Différences de classes que voulait enlever dans l'école par feu Léopold Sedar Senghor le visionnaire.
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    Karim-USA il y a 4 semaines
    Moi, personnellement je cherche à quitter définitivement le Sénégal et ne plus y remettre les pieds. Parce que c’est pas un pays ça. C’est un grand n’importe quoi ! Certains aiment à dire qu’on est 19 millions de Sénégalais 19 millions de coach mais la vérité c’est qu’on est 19 millions de Sénégalais et 19 millions de menteurs, voleurs, traîtres destinés à l’enfer. On s’est battu depuis 2019 avec la PASTEF pour prendre le pouvoir et changer les choses mais à la fin, c’est les pires tapettes et pire cancres qui sont élus et dirigent le pays sans vergogne comme si de rien n’était. Ce pays n’est pas logique et le pire est à craindre dans les années à venir. Beaucoup de Sénégalais sont éduqués pour être malhonnêtes et traîtres et ignorant jusque dans leur religion.
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    Barça man déçu il y a 4 semaines
    Bon débarras, bien du plaisir au pays de Trump le racisme ICE First.
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    PRIORITÉS il y a 4 semaines
    TOUTE la maigre économie des familles va dans les cérémonies familiales.
    RIEN pour l'éducation des enfants.
    L'Africain et les priorités.
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    doyna il y a 4 semaines
    Il faut auusi parler de la forte natalité, TROP de NAISSANCES !!! pourquoi avoir 6 ou 8 enfants ???? vraiment quel est le but dans une société moderne d'avoir une large famille ? je peux comprendre 3 enfants ou 4 mais 6 ou 10? il faut porter la responsalité de ses decisions
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    Manduté il y a 4 semaines
    En réalité je ne suis pas sûr que la natalité soit le problème. Soo xolé ba xol, les sénégalais font quand même moins d'enfant qu'il y a trente ans. Et en plus, si on observe bien, les familles qui sont dans la plus grande misères sont souvent celles qui en plus d'être pauvre n'ont par exemple qu'un seul enfant et pas de proche pour les soutenir. Et c'est comme ça dans tout système qui vit de solidarité. Dans des société occidentales où c'est le chacun pour soit qui règne, alors chaque enfant devient une charge supplémentaire sur laquelle il ne faudra pas compter sur lui pour un soutien matériel lorsqu'il grandira, ni espérer qu'il prenne soin de toi lorsque tu seras âgé.
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    Citoyen........ il y a 4 semaines
    Il faut arrêter de dépenser l'argent dans les baptêmes, mariage, communion etc..... et si on parlé de la Tabaski sa coûte une fortune Habits pour toute la famille et les cadeaux et avoir le plus gros mouton c'est pas sérieux rekk.......
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    VRAI il y a 3 semaines
    Vous avez parfaitement raison. Les familles dépensent mal, très mal !
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    iba il y a 4 semaines
    je me demande si on réflechit. On fait acheter à un enfant de l'élémentaire un tas de livres alors les cours et exercice ne vont porter que sur une partie de ces livres achetés. certains jamais utilisés jusqu à la fin de l'année scolaire. vraiment le ministère doit faire un travail sur ça et aussi d'harmoniser et d'optimiser tout ça.
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    T. il y a 4 semaines
    Fiches nous la paix. Comment voulez que ce pays fonctionne quand les plus pauvres font plus d enfants que les nantis. Contraception et planning familiale ZÉRO. En plus Seneweb il faut arrêter de faire l Apologie des livres de seconde main ou des ventes de livre parterre. Avec les socialistes - pardon communistes- 1 livre -TOTO TAPE PATÉ- PATÉ TAPE TOTO - SYLLABAIRE? Pouvait se transmettre pendant 10 ans. De 1965 à 1975 un seul livre pour 5 frères et sœurs d une même famille, ensuite les 5 cousins ET cousines reprenaient le même livre pour apprendre. Comment voulez vous que les auteurs soient créatifs, que les maisons d Éditions fonctionnent, que des imprimeries et Librairies naissent et fonctionnent. Quelles personnes maudites et insouciantes qui pensent que le monde consiste à faire des enfants, prier, manger,😭😭TTIEDO
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    Quantbusiness il y a 3 semaines
    Nous vivons a l'ere du numerique et les livres ou cahiers doivent etre obsoletes. A quoi seventt un ordinateur , une tablette et l'internet? C'est justement pour repondre a ces genres de defis. Il existe une version ou copie numerique de chaque liver sur l'internet. Ensuite il existe sur Google une plateforme et des applications (Google classroom...etc) dediees a l'apprentissage. Rien n'empeche le misnistere de l'education nationale en collaboration avec les agences de l'Etat Sen Numerique de mettre en place une plateforme pour les enseignements du primaire et secondaire avec des standards pour toutes les ecoles publques. Mes enfants font leur devoirs en utilisant leur ordinateur. Idem pour les cours.. Je peux a tout moment regarder ce qu'ils font et contacter les profs en cas de besoin. Franchement il existe des soltuions pour ces genres de problemes.
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    Hé! il y a 4 semaines
    Un début de solution ? Faire moins de gosses !
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    Barada il y a 4 semaines
    En tout cas les manuels jetables ça ne respecte pas l'environnement et ce n'est pas économique pour les familles.
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    Radio kaldou il y a 4 semaines
    La rentrée scolaire est reportée au lundi 12 Octobre. Officiel.
    Seneweb dort encore...
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    Deug il y a 3 semaines
    Le probléme ce sont ceux qui font beaucoup d'enfants et fuient leurs responsabilités. Quand on est peuple, il faut limiter les naissances. Sinon vous allez fatiguer l'Etat et tout le monde. Les pauvres enfants en souffrent aussi.

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