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Retrait de Kosmos Energy du projet Yakaar-Teranga : Une « victoire historique » ou un naufrage économique pour le Sénégal ?

Auteur: Awa Diop

Retrait de Kosmos Energy du projet Yakaar-Teranga : Une « victoire historique » ou un naufrage économique pour le Sénégal ?

Retrait de Kosmos Energy du projet Yakaar-Teranga : Une « victoire historique » ou un naufrage économique pour le Sénégal ?

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Alors que les autorités célèbrent le passage du projet sous contrôle total de PETROSEN comme un acte de souveraineté majeure, une analyse de l'enseignant-chercheur Serge Malou vient tempérer cet enthousiasme. Pour cet expert diplômé de Columbia University, le départ de l'opérateur américain Kosmos Energy marque le début d'une période d'incertitude profonde. Il estime que le pays vient de troquer des investissements massifs contre un simple document administratif, affirmant sans détour que « la souveraineté sans production, c’est la souveraineté de la pauvreté ».

Le premier constat dressé par Serge Malou concerne l'aspect financier du retrait. Selon lui, le Sénégal perd immédiatement entre 5 et 7 milliards de dollars d'investissements que Kosmos et BP devaient injecter pour le développement du champ gazier. Sans ces capitaux, le gaz resterait inaccessible à 2 500 mètres sous la mer. En héritant de puits bouchés plutôt que d'infrastructures prêtes à l'emploi, le pays ferait face à un retour à la case départ. Malou souligne que « le Sénégal hérite de puits bouchés, pas d’infrastructures. On repart à zéro comme en 2012. Dix ans perdus ».

Au-delà de l'infrastructure, c'est tout un calendrier de développement qui s'effondre. Alors que la production était initialement visée pour 2027, les projections les plus optimistes parlent désormais de 2032. Ce retard de cinq ans impliquerait, selon l'analyse, que les recettes fiscales resteront à zéro franc pendant une décennie supplémentaire. Pendant ce temps, le budget de l’État continuerait de saigner pour subventionner les coûts de l'énergie.

Des conséquences sociales et industrielles en cascade

L'impact sur l'emploi et le pouvoir d'achat des Sénégalais s'annonce, d'après l'auteur, dévastateur. Le projet devait initialement générer environ 3 000 postes qualifiés pour des ingénieurs et techniciens locaux. Avec l'arrêt des opérations, ces opportunités s'envolent, laissant une jeunesse formée face au chômage. Plus grave encore, le coût de l'électricité ne connaîtra pas la baisse tant attendue. L'expert prévient que « le prix de l’électricité ne baissera pas avant 2032. Conséquence directe : les usines fuient, l’informel explose, le pouvoir d’achat est étranglé ».

Cette situation créerait également un climat de méfiance pour les futurs investisseurs internationaux. Après le départ de BP en 2023 et celui de Kosmos en 2026, le signal envoyé aux marchés financiers est jugé inquiétant. Serge Malou estime que le Sénégal devient un terrain complexe, obligeant l'État à faire des concessions plus importantes à l'avenir pour attirer de nouveaux partenaires, car « le message envoyé au marché est clair : Le Sénégal change les règles et n’accepte pas les modèles rentables ».

 Le défi de l'exploitation par PETROSEN

Enfin, l'analyse interroge la capacité réelle de la société nationale PETROSEN à opérer seule un champ gazier offshore de cette envergure. L'expert compare cette reprise à « un diplôme sans emploi : beau sur le mur, inutile dans la vie », arguant que la compagnie ne possède ni les navires de forage ni les lignes de crédit nécessaires pour lever les milliards de dollars indispensables.

En conclusion, Serge Malou rejette fermement l'idée que le 22 avril 2026 soit une date de victoire. Il s'agirait plutôt d'un rendez-vous manqué avec le développement industriel, où le Sénégal aurait sacrifié du gaz concret et des revenus imminents contre « un PDF de licence et dix ans de promesses ». La véritable facture ne sera pas lisible dans les arrêtés ministériels, mais se reflétera, selon lui, sur les factures d'électricité des ménages sénégalais à l'horizon 2030.

Auteur: Awa Diop
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Commentaires (56)

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    7 milie ⭐ Top commentaire il y a 6 mois
    Le budget d Sénégal est de 6 mille milliards cfa donc un peu plus de 1 milliards de dollars et il nous faut 7 fois plus pour exploiter ce gisement, actuellement on ne parvient même pas à combler notre déficit budgétaire , en clair on est pas capables par nos propres ressources de financer notre budget d’un milliard de dollars …. Notre souverainisme est théorique, nous avons besoin des autres pour nous développer
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    SOPEY SONKO il y a 6 mois
    Ton raisonnement contient une erreur de base : 6 000 milliards FCFA, ce n’est pas 1 milliard $, mais environ 10 milliards. Donc déjà, l’analyse part d’un mauvais ordre de grandeur. Ensuite, aucun pays ne finance seul son budget ou ses grands projets. Même les grandes puissances empruntent et travaillent avec des partenaires. Le vrai sujet n’est pas “a-t-on besoin des autres ?” (la réponse est oui pour tous), mais : est-ce qu’on négocie bien et est-ce que le pays en profite réellement ? Dire que notre souveraineté est “théorique” juste parce qu’on collabore avec d’autres, c’est une simplification.
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    Patriote il y a 6 mois
    Alors il aurait fallu maintenir ce contrat quitte à récolter des miettes?? Pfffff les pseudo experts qui ont ruiné ce pays depuis 50 ans n'ont qu'à aller s'assoir
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    Cliffbams il y a 6 mois
    Les contrats du pétrole sont équitable petit sonkolait la preuve après Le cost oil le.senegal va pleinement bénéficier de son pétrole soit 4 a 5 ans après exploitation sûrement va venir comme dab manipuler dire qu il a renégocier
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    Kafka il y a 6 mois
    Arrêter de fatiguer les gens. Le monsieur ne fait que dire la vérité. Vous aimez trop rester dans le populisme. Les effets d'annonces de Sonko n'apportent rien au pays. Rien ne bouge depuis qu'il est là .
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    DC il y a 6 mois
    @kakka. Du temps de Maky ça bougeait tellement bien qu il a laissé le pays au 25e rang des plus pauvres au Monde. Sale kuluna
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    Sunugaal il y a 6 mois
    Le Sénégal est malade du manque de patriotisme et de positivité de nombre de ses fils et incapables incapables de se départir de leur égoïsme au profit de l’intérêt général.
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    Fifi il y a 6 mois
    Vous applaudissez un populisme dont les conséquences risquent d’être désastreuses pour notre pays. Ces décisions, certes populaires à court terme, sont en train de fragiliser profondément l’économie. Le Sénégal s’expose à une nouvelle dégradation de sa note souveraine, ce qui affaiblira davantage sa crédibilité sur les marchés internationaux, notamment auprès d’agences comme Moody's ou Fitch Ratings. Pendant ce temps, les signaux sont préoccupants : absence de véritables investissements structurants dans le budget, accès de plus en plus limité aux marchés financiers, et retrait progressif de partenaires stratégiques. Et malgré tout cela, vous continuez d’applaudir. Vive le populisme… Mais à quel prix ? Pauvre de nous.
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    naufrage d'une nation il y a 6 mois
    Donc maintenant certains reconnaissent que Macky avait raison de faire recours à l'endettement pour financer les infrastructures structurantes au Sénégal . Malou avait une analyse complète de ce retrait des compagnies BP et KOSOMOS et le signal envoyé aux autres investisseurs. Cessez de croire que vous avez le monopole du patriotisme car les contrats pétroliers ont été négociés sur la base des dispositions du Code pétrolier en vigueur à l'époque et s'ils étaient en défaveur du Sénégal ces compagnies n'allaient pas abandonner ce champs après y avoir investi des sommes colossales et découvert ces hydrocarbures . Si elles quittent le navire c'est qu'elles ont compris qu'elles ont affaire à des abrutis qui se voient plus gros qu'en réalité. S'ils sont capables , vos incompétents inspecteurs d'impôts, qu'ils attirent des nouveaux investisseurs pour la reprise des travaux dans ces blocs. Personnellement, je crains fort que l'on attende longtemps sans voir la fumée blanche à l'horizon. Continuez à applaudir à ces crétins qui vous conduisent tout droit au naufrage .
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    Kamou il y a 6 mois
    Le spectre de l'actif échoué (du stranded asset) nous guette. Avec la transition energetique mondiale, la fenetre de tir pour les energies fossiles va vite se refermer. Si nous gardons notre gaz sous le coude pour 2050, il est probable qu’il ne vaille plus rien a cause des taxes carbone et des technologies renouvelables. Un trésor dans le sol qui n'intéresse plus personne n'est plus un trésor. Yaakar Teranga peut être exploité sur 50 ans à un siècle, sauf que d'ici 30 ans déjà, presque tous les pays passeront aux énergies renouvelables et plus personne n'aura besoin de gaz. On a découvert ce gisement trop tard. Il faut aller vite. Dans 20 ans au plus, le gaz ne sera plus, même pour le Sénégal, qu'une énergie d'appoint et le débat sera de savoir s'il ne vaudrait pas mieux de le laisser finalement inexploité et pour l'éternité dans le sol de la mer. L'urgence est d'industrialiser le pays AUJOURD'HUI. Engrais locaux, usines, baisse de la facture : c'est maintenant que le Senégal a besoin de ce levier de croissance, pas dans 10 ans.
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    Toto il y a 6 mois
    Eh oui, il ne suffit pas de se baisser pour ramasser ce gaz. Il faut investir de l'argent, des compétences, un savoir-faire qui s'acquiert sur des années, des décennies. C'est pour ça que des opérateurs étrangers viennent pour faire le travail. S'ils ne rentrent pas dans leur frais, il n'y a plus aucune raison pour eux d'investir. Et le Sénégal reste là seul, avec sa fierté.
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    Même si il y a 6 mois
    Même si cela prend 10 ans on va attendre.. la ressource ne vas pas s'envoler. Et puis ces ressources profiterons plus a la future génération qu'a celle ci, c'est comme çà qu'un vrai état travaille, par anticipation. C'est ce qui garanti la souveraineté mais prendre les Milliard d'investissement maintenant et se contenter des miettes plus tard ça non !!!!!
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    SOPEY SONKO il y a 6 mois
    Enfin une réflexion posée et tournée vers l’avenir. Penser long terme, préserver les ressources et éviter de brader nos richesses, c’est exactement ce que doit faire un État responsable. La souveraineté, ce n’est pas la précipitation, c’est la maîtrise du temps et des décisions. Respect pour cette vision.
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    Toto il y a 6 mois
    Eh bien tu attendras bien plus 10 ans, alors. Si l'objectif pour l'état du Sénégal était par exemple de produire des avions de ligne, tu crois que peut-être qu'il en serait capable dans 10 ans ? Les sociétés privées qui investissent le font sur la base de développements de connaissances qui leur ont pris des décennies et avec des montants faramineux;
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    Toto il y a 6 mois
    et malgré cela l'investissement n'est pas rentable pour eux. Si par miracle, le Sénégal devenait autonome pour exploiter ce gaz, il ne serait pas plus rentable pour lui que pour d'autre
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    Exdkr il y a 6 mois
    Pourquoi pas maintenant les guillemets pour naufrage économique aussi. ? En general sokhor bakhoul
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    Rentable il y a 6 mois
    GTA est là, mais qu'est ce qu'il nous rapporte réellement par rapport à ce que tirent les partenaires ? On es soumis aux aléas de la guerre au Moyen Orient. Pour une ressource qui s'épuise, si on n'y gagne rien, mieux vaut la laisser pour les générations futures. Tous les grands pays miniers africains sont pauvres, ou pire, en guerre à cause même de ces ressources. Pour ce qui est de Sangomar il faut juste trouver un bon partenaire technique, il y en a partout ( Malaisie, Singapour, Corée du Sud et même maintenant Dangote, un africain)
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    OK Kamou il y a 6 mois
    Mais vivement la diversification de nos économies, pas seulement la rente
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    CITOYEN il y a 6 mois
    expert diplômé de Columbia University; Ces gens sont complètement formaté ils ont étudié à l'extérieur et sont endoctriné. ils croient que l'occident est toujours meilleurs et que nous autre Africains nous ne pouvons rien faire. Il ne mérite pas sont titre d'expert en plus il est expert en quoi? Nous avons le génie Sénégalais qui était endormi et nous allons le faire éclore pour faire rejaillir le talent qui s'omnole en nous. Il est expert mais il ne connaît pas c'est quoi le développement durable il ne pense même pas aux générations futures.
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    Toto il y a 6 mois
    Je ne sais pas si tu as le génie mais la faconde, le verbe, le discours, sans aucun doute. Mais ce n'est d'aucune utilité pour mettre en place un projet industriel.
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    Oustaz Jacuzzi il y a 6 mois
    Yaka fokon.... En effet, le développement de Yakaar-Teranga nécessite des milliards de dollars. PETROSEN devra trouver des partenaires techniques ou des financements massifs pour transformer ce gaz en électricité ou en revenus d'exportation
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    Ff il y a 6 mois
    Dans 20 ou 30 ans le pétrole perdrait plus de la moitié de sa valeur actuelle avec les nouvelles technologies c est sur. Même au US il y’a des puits à pétrole qu on exploite seulement quand le baril est à $70 uu plus. Sinon ils ferment les puits parce que pas rentable

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