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« Le développement ne peut se bâtir au détriment des droits citoyens » : Le cri d'alarme d'Idrissa Badji sur l'affaire des 600 hectares de Toubab-Dialaw

Auteur: Entretien réalisé par Sokhna Faty Isseu SAMB

« Le développement ne peut se bâtir au détriment des droits citoyens » : Le cri d'alarme d'Idrissa Badji sur l'affaire des 600 hectares de Toubab-Dialaw

« Le développement ne peut se bâtir au détriment des droits citoyens » : Le cri d'alarme d'Idrissa Badji sur l'affaire des 600 hectares de Toubab-Dialaw

​La relance du projet d'aménagement des 600 hectares de Toubab-Dialaw fait réagir la Diaspora sénégalaise. Entre incertitude juridique pour les propriétaires, opacité administrative et promesses présidentielles non tenues, Idrissa Badji, coordinateur du Collectif Diaspora Yenne – Toubab-Dialaw, réclame l'arrêt des procédures et met en garde l'État contre un développement qui sacrifierait ses propres citoyens.

​M. Idrissa Badji, votre collectif vient de publier une mise en demeure publique adressée aux plus hautes autorités de l'État concernant le projet d'aménagement des 600 hectares de Toubab-Dialaw. Quelle est la portée exacte de cette démarche ?

​Idrissa Badji : Bonjour. Cette prise de parole n'est ni une supplique, ni une menace. Elle est un avertissement républicain et l'expression d'une profonde indignation. Nous faisons face à une volonté affichée de relancer les opérations sur ces 600 hectares, alors que les nombreuses interrogations soulevées par les populations, les autorités coutumières et la Diaspora demeurent sans aucune réponse.

​En quoi le modèle de concertation proposé par l'APIX vous paraît-il défaillant ?

​Idrissa Badji : Derrière ce discours sur la compétitivité et la croissance, il y a la réalité de familles qui craignent de perdre leurs maisons, leurs terres, leur cimetière, leur école, leurs commerces et toute une vie de sacrifices. L'APIX affirme vouloir une approche « rigoureuse et humaine ». Mais une approche réellement humaine commence par écouter les populations, répondre à leurs questions et garantir leurs droits, et non par imposer la reprise d'un processus dont la légitimité est contestée. Pour beaucoup d'habitants de Yenne et de Toubab-Dialaw, il s'agit simplement de la poursuite d'un dossier hérité de l'ancien régime. Nous demandons l'annulation pure et simple de cette procédure d’expropriation.

​Sur le plan politique, vous pointez une rupture de la promesse de gouvernance sous l'actuelle présidence. Quels engagements précis estimez-vous aujourd'hui non honorés ?

​Idrissa Badji : L'élection du Président Bassirou Diomaye Faye a incarné la promesse d'un État fondé sur la transparence, la justice et la rupture avec les pratiques opaques. Mais aujourd'hui, cet espoir s'effrite. Les populations ont tout fait dans les règles : courriers officiels, rencontres, marches citoyennes, mémorandums. Le Président nous a rencontrés, écoutés et avait promis sa bienveillance. Pourtant, nous n'avons reçu aucune réponse officielle permettant d'apaiser les inquiétudes. Ce silence de l'État devient incompréhensible et ressemble à un renoncement aux engagements pris devant le peuple.

​En quoi ce dossier cristallise-t-il les vulnérabilités juridiques et économiques auxquelles est confrontée la Diaspora sénégalaise dans ses investissements au pays ?

​Idrissa Badji : L'État a toujours appelé la Diaspora à investir au pays, et nous avons répondu présent avec patriotisme et confiance. Des milliers de Sénégalais établis en Europe, en Amérique ou ailleurs ont sacrifié des décennies de leur vie pour construire une maison, ouvrir un commerce ou préparer leur retour à Toubab-Dialaw. Aujourd'hui, ces investissements sont menacés au profit de projets pour des groupes étrangers. Quel message envoie-t-on à la Diaspora si la sécurité juridique de ses biens peut être remise en cause du jour au lendemain ?

​Quelle est votre analyse sur la souveraineté foncière nationale ?

​Idrissa Badji : Pourquoi les terres des Sénégalais semblent-elles si facilement mobilisables pour de grands groupes étrangers, alors que dans plusieurs pays, notamment dans le Golfe, il est pratiquement impossible pour un Sénégalais ordinaire d'accéder à la pleine propriété foncière ? La terre du Sénégal est un patrimoine national, économique, historique et identitaire. Elle ne peut pas être une simple variable d'ajustement au gré de contrats opaques.

​Mettez-vous en doute la régularité administrative des attributions foncières initiales sur ce périmètre ?

​Idrissa Badji : Nous demandons que toute la lumière soit faite. Existe-t-il des mécanismes d'influence, des intérêts particuliers ou des dysfonctionnements institutionnels qui favorisent certaines opérations au détriment des droits des populations locales ? La transparence n'est pas une faveur accordée aux citoyens, c'est une obligation républicaine. Les Sénégalais ont le droit de savoir.

​En l'absence d'un moratoire ou d'une révision du projet, quels leviers juridiques et institutionnels comptez-vous actionner ?

​Idrissa Badji : La Diaspora ne restera plus spectatrice. Nous engageons un combat citoyen, démocratique et déterminé aux côtés des populations de Yenne et Toubab-Dialaw. Ce combat sera juridique, institutionnel, médiatique, citoyen et international. Nous saisirons les juridictions compétentes, les institutions de contrôle, le débat public et politique, ainsi que les partenaires internationaux attachés au respect des droits des communautés. Protecteur de ses citoyens, l'État doit comprendre qu'aucun projet, aussi stratégique soit-il, ne peut durablement réussir contre sa propre population.

​En conclusion, quelles mesures conservatoires urgentes préconisez-vous pour rétablir la confiance entre les communautés locales et l'exécutif ?

​Idrissa Badji : Nous demandons au Président de la République de suspendre immédiatement toute procédure concernant ces 600 hectares, et à l'APIX de privilégier la transparence plutôt que la précipitation. Le développement n'a de sens que lorsqu'il respecte les citoyens, et la République n'est forte que lorsqu'elle protège les plus faibles. L'histoire retiendra les choix faits aujourd'hui, et les populations de Yenne et de Toubab-Dialaw n'oublieront pas.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Le Collectif Diaspora Yenne – Toubab-Dialaw, via Idrissa Badji, demande l'annulation de la procédure d'expropriation des 600 hectares, dénonçant un manque de réponses aux questions des populations et de la Diaspora. - Badji critique le silence de l'État sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, estimant que les promesses de transparence et de justice ne sont pas tenues, malgré des rencontres avec le Président. - Le collectif menace d'engager un combat juridique, institutionnel, médiatique et international, et exige la suspension immédiate des procédures par le Président et l'APIX.
Auteur: Entretien réalisé par Sokhna Faty Isseu SAMB
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Commentaires (1)

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  • avatar
    Wakhdeug il y a 2 mois
    Le président Diomay doit abroger le décret de Macky Sall.

    Euskey !

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