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[JOJ Dakar 2026] - Retombées potentielles des JOJ : L'Économiste-statisticien Babacar Gaye révèle les résultats du simulateur Sunu-impact

Auteur: Youssouf SANE

[JOJ Dakar 2026] - Retombées potentielles des JOJ : L'Économiste-statisticien Babacar Gaye révèle les résultats du simulateur Sunu-impact

[JOJ Dakar 2026] - Retombées potentielles des JOJ : L'Économiste-statisticien Babacar Gaye révèle les résultats du simulateur Sunu-impact

Cette année, c’est le Sénégal qui abrite les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Pour l’occasion, il est attendu un impact sur l'économie locale. Economiste statisticien, Directeur général du cabinet Gaye et Associés Consulting, Babacar Gaye et ses hommes ont effectué une étude sur les retombées potentielles de cet évènement mondial, avec leur simulateur "Sunu Impact".

Vous avez analysé l’impact potentiel des JOJ Dakar-2026 avec le simulateur Sunu-impact. Globalement, quels effets attendre de ces JOJ sur l'économie du pays ?

Ces Jeux sont un choc de demande, puissant mais passager, et non une baguette magique. Dans le scénario central de notre étude, ils ajoutent 649,2 milliards de FCFA de richesse entre 2024 et 2026, soit environ 1 % du PIB, avec une fourchette de 342,6 à 1 044,3 milliards selon les hypothèses. Cet écart d’un à trois dépend surtout de la part des dépenses qui reste dans l'économie sénégalaise au lieu de repartir en importations. L'année 2026 concentre 56,7 % de l'effet et ajoute 0,63 point de croissance, puis l'élan retombe dès 2027. Pour une injection d'environ 377 milliards, le multiplicateur ressort à 1,72, un niveau prudent pour une économie ouverte, que la littérature situe entre 1,5 et 2,5. Nous attendons aussi 97,4 milliards de recettes fiscales et 30 382 emplois-années, dont une bonne part temporaire. Ce sont des ordres de grandeur issus d'une simulation, pas des certitudes.

Plus de 3 000 chambres d'hôtel ont été réservées, 37 000 nuitées dans 74 établissements dit-on. Quels effets espérer sur le secteur du tourisme ?

Ces réservations offrent un socle aux hôteliers, d'autant que le comité d'organisation a déjà versé la moitié des sommes dues. Étalées sur les quinze jours, ces 37 000 nuitées représentent entre 2 600 et 2 800 chambres occupées chaque nuit, ce qui est considérable. Elles couvrent toutefois surtout les délégations et les accrédités, donc des dépenses d'organisation qui ne mesurent pas l'attractivité du pays. Le vrai gain viendra des visiteurs étrangers qui réservent par eux-mêmes. Il faut aussi surveiller l'éviction, puisque novembre ouvre la haute saison et que des chambres bloquées peuvent écarter des touristes venus de toute façon. Seuls comptent les clients additionnels.

 

Vous évoquez, dans votre rapport, l'importance de la capacité du pays à attirer, accueillir et retenir la demande internationale. Pourquoi ces aspects seront-ils déterminants ?

Parce que 30 000 visiteurs étrangers, sur environ 100 400, génèrent près de 84 % des 22,6 milliards de dépenses touristiques. Un étranger dépense 630 000 FCFA par séjour, contre 50 000 pour un visiteur sénégalais hébergé sur place, soit treize fois moins. Il faut donc attirer par les vols et la promotion, accueillir par des hôtels et une logistique irréprochables, et retenir en faisant dépenser sur place auprès d'entreprises locales. Dix mille étrangers en moins, ce sont 6,3 milliards de dépenses en moins.

Quels secteurs bénéficieront le plus de ces JOJ Dakar 2026 ?

Avant les Jeux, le BTP domine, avec 59,36 milliards sur 61,36 milliards d'investissements documentés, soit 97 %. Pendant les Jeux, l'hébergement, la restauration, le transport et le commerce prennent le relais, comme à Singapour où ces secteurs ont capté plus de 60 % des dépenses touristiques, et à Nankin où les services urbains ont dominé. Nous recommandons d'orienter aussi les investissements hors BTP vers des branches à fort multiplicateur et riches en main-d'œuvre, pour amplifier l'effet sur l'emploi.

Les effets de ces jeux pourraient-ils créer une surprise sur les prévisions de croissance hors hydrocarbures qui sont de 2,2 % du PIB ?

Une précision d'abord. Le chiffre de 2,2 % correspond, à ma connaissance, à la croissance hors hydrocarbures de 2025 publiée par l'ANSD. Pour 2026, le ministère retient 3 % hors hydrocarbures et agriculture. Une surprise positive est possible. Nous estimons l'apport à 0,63 point en 2026, entre 0,21 et 1,05 selon les scénarios, et il se situe entièrement hors pétrole et gaz. Deux réserves toutefois. Une partie de cet effet figure peut-être déjà dans les prévisions, et les Jeux tombent au quatrième trimestre, que les comptes publieront en 2027. Enfin, le repli de l'activité en 2027 pèsera mécaniquement sur la croissance de cette année-là.

Au terme des JOJ, à quoi pourrait-on mesurer la réussite économique de ces jeux ?

Sur trois horizons. Dès novembre, la fréquentation étrangère réelle, la dépense moyenne face aux 630 000 FCFA retenus et le taux d'occupation hôtelier face à l'an dernier, plutôt que le nombre de spectateurs, gonflé par la billetterie solidaire. À quelques mois, les recettes fiscales face à nos 97,4 milliards, la durée des emplois, la part des marchés remportée par des entreprises sénégalaises et le respect du budget, car Buenos Aires a vu le sien passer de 104,7 millions de dollars à plus d'un milliard selon le périmètre. En 2027 et 2028 enfin, l'usage du stade, de la piscine et du parc. S'ils restent ouverts et entretenus, ce sera un investissement, sinon une fête coûteuse. Je recommande une évaluation indépendante et un tableau de bord public.

Propos recueillis par Youssouf SANE

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Selon le simulateur Sunu-impact, les JOJ Dakar 2026 ajoutent 649,2 milliards de FCFA de richesse entre 2024 et 2026, soit environ 1 % du PIB, avec une fourchette de 342,6 à 1 044,3 milliards. - L'étude prévoit 97,4 milliards de recettes fiscales et 30 382 emplois-années, dont une bonne part temporaire, pour une injection d'environ 377 milliards et un multiplicateur de 1,72. - Les 30 000 visiteurs étrangers, sur environ 100 400, génèrent près de 84 % des 22,6 milliards de dépenses touristiques, un étranger dépensant 630 000 FCFA par séjour contre 50 000 pour un visiteur sénégalais hébergé sur place.
Auteur: Youssouf SANE
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Commentaires (4)

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  • avatar
    Deugg il y a 4 jours
    Les JOJ ne nous apportera rien
  • avatar
    Djibson il y a 4 jours
    Tu.peux développer, comme l'a fait cet expert.
    Contre-expertise le. Puis on comparera.
  • avatar
    Vérité il y a 4 jours
    Pas la peine de developper. Dans 15 jours on aura la réponse! Si le Sénégal avait de vrais experts nous serons loin devant tout le monde.

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