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Comment l’Ukraine parvient à mener des frappes en profondeur sur le territoire russe

Auteur: 7sur7

Comment l’Ukraine parvient à mener des frappes en profondeur sur le territoire russe

Comment l’Ukraine parvient à mener des frappes en profondeur sur le territoire russe

Plus de mille kilomètres: c’est la distance qui sépare la ville russe de Nizhnekamsk de la frontière ukrainienne. Pourtant, des drones ukrainiens ont réussi à frapper des sites sur place, et il ne s’agit pas d’une exception. Kiev attaque désormais régulièrement des installations pétrolières, des bases militaires, des usines d’armement et d’autres cibles stratégiques situées au cœur de la Russie. Comment l’Ukraine parvient-elle à contourner la défense aérienne russe et à mener des frappes aussi loin?

Dans l’inconscient collectif, un drone ressemblerait le plus souvent à un quadricoptère de petite taille. Pour atteindre des cibles situées à plus de mille kilomètres de ses frontières, l’Ukraine utilise des appareils d’un tout autre ordre. Ceux qui pénètrent en profondeur dans le territoire russe volent pendant des heures pour acheminer une charge explosive jusqu’à leur point de chute.

Parmi les engins les plus utilisés par Kiev figurent ceux de la société ukrainienne Fire Point. Certains sont équipés d’un moteur à réaction et peuvent transporter jusqu’à 60 kilogrammes d’explosifs. Avec un prix d’environ 46.000 euros par pièce, ils sont relativement bon marché pour détruire des installations valant plusieurs millions d’euros.

Des unités d’élite aux commandes

Ces opérations sont menées par les Unmanned Systems Forces (USF), une branche créée en 2024 et spécialisée dans la guerre des drones. “Sur le front, un simple soldat peut piloter un drone”, explique l’ancien colonel Roger Housen. “Mais pour les longues distances, il faut des équipes spécialement formées.”

L’une de ces unités s’appelle Raid. Elle travaille en étroite collaboration avec l’armée de terre, le service de sécurité SBU et les services de renseignement GUR. Tandis qu’un service mène l’attaque, un autre détourne l’attention des radars russes. Interrogé par les médias britanniques, un commandant a comparé cette collaboration à un orchestre. “Chaque instrument a son propre rôle, mais ce n’est qu’ensemble qu’ils font de la musique.”

Lancer et s’enfuir aussitôt

La phase la plus dangereuse de ces opérations commence avant même le décollage. Comme un lancement révèle la position des troupes ukrainiennes, Raid utilise des sites temporaires. Chaque site ne sert qu’une seule fois. Dès que les drones sont en vol, l’équipe range tout et disparaît aussi vite que possible.

Chaque seconde compte, car la Russie recherche en permanence ces points de lancement à l’aide de drones de reconnaissance afin de riposter immédiatement. Plusieurs équipes ont déjà été éliminées de cette manière.

Une sorte de Google Maps intégré au drone

Une fois en vol, de nombreux drones de longue distance volent en grande partie de manière automatique. Un résultat rendu possible par une navigation GPS améliorée, fondée sur des coordonnées saisies au préalable. “Cela fonctionne un peu comme dans le système de navigation de votre voiture”, explique Roger Housen. Mais cette technique est vulnérable, car la Russie brouille les signaux GPS à grande échelle, et il n’est pas possible de se doter d’une protection électronique infaillible.

Les drones les plus modernes utilisent une alternative intelligente, avec une sorte de Google Maps intégrée. “L’appareil reconnaît le terrain et vole ainsi de manière autonome jusqu’à sa destination, sans dépendre du GPS.”

Passer par les antennes-relais russes

Si un pilote de drone souhaite piloter son appareil en direct pendant le vol, l’Ukraine utilise en théorie le réseau satellitaire Starlink, mais celui-ci est bloqué au-dessus de la Russie.

Pour contourner cette difficulté, Kiev passe désormais par le réseau mobile russe lui-même. Les drones se connectent aux antennes-relais 4G et 5G russes via des cartes SIM locales. “Cela permet à un opérateur (pilote de drone, ndlr) situé à des centaines de kilomètres de continuer à piloter l’appareil en temps réel”, explique Roger Housen.

Mais cette méthode s’apparente à un jeu du chat et de la souris périlleux, car la Russie peut couper le réseau mobile local dès qu’un drone s’approche. Comme un tel vol dure plusieurs heures, les pilotes de drones se relaient les uns après les autres pendant le trajet.

Foncer à travers la défense aérienne

Faire voler un drone à mille kilomètres, c’est une chose. Lui faire traverser l’espace aérien russe pendant des heures sans qu’il ne subisse de dommages, c’en est une autre. La Russie dispose certes d’un vaste réseau de défense aérienne, mais le pays est trop vaste pour assurer une couverture totale.

“Bien sûr, un drone de ce type ne reste pas invisible pendant mille kilomètres”, nuance Roger Housen. L’Ukraine exploite donc les angles morts des radars russes. “En volant juste au-dessus de la cime des arbres et à travers les vallées, on passe littéralement inaperçu sur l’écran radar.” Les cartes numériques du terrain aident l’appareil à suivre de manière autonome l’itinéraire et à se faufiler à travers les brèches de la défense.

Une autre tactique: submerger la défense russe

Si un itinéraire est bien sécurisé, l’Ukraine mise alors sur la quantité. Lors d’opérations de grande envergure, plusieurs drones sont lancés simultanément. Tous les appareils n’ont pas le même objectif. Certains servent uniquement de diversion pour saturer les radars russes, afin que les drones explosifs puissent atteindre leur cible sans être interceptés.

“C’est ce qu’on appelle la saturation de l’espace aérien”, explique Roger Housen. Des missiles de croisière peuvent également approcher simultanément depuis différentes directions, à différentes altitudes et à différentes vitesses. “À un moment donné, le système est submergé et doit faire un choix”, précise Roger Housen. “Et choisir, c’est toujours perdre.”

Frapper la machine de guerre russe

Les frappes en profondeur visent principalement les infrastructures qui permettent à la machine de guerre russe de fonctionner: raffineries, usines, voies ferrées, aéroports, etc. Même les entrepôts de Wildberries – l’équivalent russe d’Amazon – sont pris pour cible. “Les Russes utilisent également ces réseaux commerciaux pour transporter des uniformes, des radios et des pièces détachées”, pointe Roger Housen.

Pourtant, les priorités évoluent. En raison de la pénurie de missiles antiaériens occidentaux extrêmement coûteux, la prévention prend également de l’importance. Il ne s’agit plus d’attendre qu’un missile soit lancé, mais de détruire la rampe de lancement avant qu’elle ne tire. “Nos drones sont ainsi devenus des armes à la fois offensives et défensives”, explique un militaire ukrainien de Raid au Times. Le président Volodymyr Zelensky a ainsi donné l’ordre d’intensifier ces attaques préventives contre les sites de lancement.

Une forte pression pour les Russes

L’Ukraine touche ainsi à une faiblesse fondamentale de la Russie : son immense superficie. Contrairement à un petit pays comme Israël, la Russie ne peut en aucun cas couvrir l’intégralité de son territoire gigantesque. “Il y a des points de défense autour d’objectifs spécifiques, mais le reste est à découvert”, explique Roger Housen. “On passe littéralement à travers les mailles du filet.” Cela place le commandement militaire russe face à un dilemme, car tout système de défense aérienne chargé de protéger une raffinerie située au cœur du territoire russe n’est, par définition, pas envoyé sur le front.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Des drones ukrainiens frappent des cibles stratégiques à plus de 1 000 km en Russie, comme des installations pétrolières et des bases militaires, en utilisant des appareils comme ceux de Fire Point, capables de transporter 60 kg d’explosifs pour environ 46 000 euros. - Les opérations sont menées par des unités d’élite comme Raid, qui utilisent des sites de lancement temporaires à usage unique et une navigation GPS améliorée ou une reconnaissance de terrain autonome pour contourner le brouillage russe. - Pour piloter en direct, les drones se connectent aux antennes-relais 4G/5G russes via des cartes SIM locales, et l’Ukraine exploite les angles morts radar ou sature la défense aérienne avec des leurres lors d’attaques simultanées.
Auteur: 7sur7
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Commentaires (5)

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    Latdior2012 il y a 2 mois
    Beaucoup de ces frappes sont menées par des équipes mixtes incluant des opérateurs occidentaux, y compris anglais, allemends, français et autres.
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    HÉCATOMBE il y a 2 mois
    Des centaines de milliers de morts !
    Une terrible catastrophe humaine quelque soit la position que l'on a sur les causes de cette guerre ultra meurtrière!
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    Iranforce il y a 2 mois
    Ils copient juste l’iran
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    Kalzo il y a 2 mois
    Tout.le.monde.sait.que.c'est.pas.,l'ukriaine-qui.bombarde.la.russie.il.faut.chercher.qui.sont.derriere.en.t.y'a.trop.de.morto.il.faut.arreter-cette-guerre
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    impatient il y a 2 mois
    La Russie doit se montrer moins magnanime et pulvériser ce pays une bonne fois pour toute

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