Crise migratoire à Ceuta : solidarité avec l’Espagne, espace Schengen, contrôle des frontières… Ce qu’il faut retenir de la réunion d'urgence des ministres européens de l’Intérieur
Les ministres européens de l'Intérieur se sont réunis ce mardi après l'afflux inédit de dizaines de milliers de migrants à Ceuta. Selon Laurent Nuñez, les critiques autour de l'espace Schengen ont été balayées, les États membres ayant convenu que la zone de libre-échange n'était pas en cause.
Une réunion en urgence pour tirer les leçons d’une crise migratoire d’une ampleur inédite. Ce mardi 4 août, les ministres de l’Intérieur des pays de l’Union européenne se sont réunis en visioconférence, à l’initiative de l’Irlande, qui siège à la présidence tournante du Conseil de l’UE. Au cœur de cet échange : l'arrivée illégale de dizaines de milliers de migrants venus du Maroc dans l’enclave espagnole de Ceuta, le 30 juillet dernier.
Lors de ce temps d’échange informel, les États membres ont exprimé leur «profonde solidarité envers l’Espagne», ouvrant la voie à un apaisement après la crise diplomatique provoquée au sein de l’UE par cet afflux de migrants. Il a été reconnu que la communication en période de crise «pourrait être améliorée» et «qu'elle devait être plus cohérente», selon un premier compte-rendu de la réunion.
des «ingérences informationnelles» évoquées
Présent à cette réunion, Laurent Nuñez a fait savoir que tous les participants ont déploré les «ingérences informationnelles d'États étrangers» qui ont utilisé les images qui circulaient massivement «pour critiquer la politique de gestion migratoire de l'Union européenne» et «essayer de diviser les États membres entre eux».
Une certaine dissension entre les Vingt-Sept est en effet apparue au plus fort de la crise. Certains pays européens, dont l’Italie et le Danemark, avaient notamment appelé à une suspension de l’Espagne de l’espace Schengen. Au cours de cette visioconférence, les ministres européens de l’Intérieur ont néanmoins convenu que la zone de libre circulation n'était pas en cause.
«Tous et toutes ont convenu que la question de l'espace Schengen n'était pas vraiment le problème, mais plutôt la solution», a affirmé Laurent Nuñez. De son côté, le ministre espagnol de l’Intérieur a affirmé que l’espace Schengen n’a pas été «compromis dans cette crise», assurant qu’il n’a «jamais été en danger, pas même en danger minimal».
Le Danemark satisfait de la réponse apportée par l’Espagne
Selon les dernières estimations des autorités espagnoles, au moins 72.000 migrants sont rentrés illégalement dans l’enclave de Ceuta. Le ministre espagnol de l'Intérieur a assuré que 70.000 d’entre eux sont déjà retournés au Maroc. Le Danemark a salué la réponse apportée par Madrid à cette crise migratoire.
«Je suis très satisfait que l'Espagne ait réagi rapidement, notamment en déployant la police et l'armée, et que de nombreux migrants soient déjà retournés au Maroc», a indiqué le ministre danois de l'Immigration et de l'Intégration, Morten Bødskov. «Ces événements montrent qu'il est absolument essentiel que nous gardions le contrôle des frontières de l'Union européenne», a-t-il ajouté dans un communiqué publié à l’issue de la réunion.
Laurent Nuñez a, lui, rappelé aux États membres que la France se tenait à la disposition des autorités espagnoles «pour venir en soutien ou renforcer Frontex», l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. «Nous avons décidé de renforcer les contrôles à la frontière franco-italienne», a par ailleurs annoncé le locataire de Matignon.
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