Maguette Diop alerte sur un risque de « règlement de comptes » entre l’Exécutif et le Législatif
Invité du "Grand Jury" ce dimanche 23 août 2026, l’enseignant-chercheur spécialisé en droit constitutionnel et en finances publiques, Maguette Diop, s’est prononcé sur les divergences devenues manifestes entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale.
Rappelant que le Sénégal a longtemps été marqué par le « fait majoritaire », avec un parti au pouvoir disposant d’une majorité parlementaire, le juriste estime que la situation actuelle, marquée par une Assemblée nationale plus offensive, constitue un changement dans le fonctionnement institutionnel.
Mais cette offensive parlementaire comporte également un risque, selon le spécialiste du droit public. « Il faut qu’on évite également d’aller effectivement dans le sens d’un règlement de comptes », prévient-il.
Interrogé sur la possibilité que cette dérive soit déjà manifeste, Maguette Diop reconnaît le risque. « Je ne sais pas fondamentalement, mais en tout cas on risque de glisser lentement mais sûrement vers ça », affirme-t-il sur les ondes de la RFM.
Il cite notamment la réforme sur la déclaration de patrimoine, dont l’application est prévue en 2027, mais qui a été examinée en procédure d’urgence. « Une loi qui doit s’appliquer en 2027, mais la loi est votée en procédure d’urgence, c’est-à-dire rapidement. Donc, tout semble comme si les gens se précipitent », relève-t-il.
Pour l’enseignant-chercheur, l’enjeu est donc de préserver la fonction de contrôle de l’Assemblée nationale sans transformer les divergences institutionnelles en affrontement politique. Le contrôle de l’action gouvernementale demeure, selon lui, « un bon signe pour la démocratie », à condition que les initiatives parlementaires ne basculent pas dans une logique de règlement de comptes.
Par ailleurs, Maguette Diop insiste sur le fait que le contrôle parlementaire et l’initiative législative constituent des prérogatives normales de l’Assemblée nationale. « Juridiquement, en tout cas dans une démocratie, le fait que l’Assemblée nationale propose des lois, propose des projets de société, le fait que l’Assemblée nationale contrôle l’action du gouvernement, c’est une bonne chose ; c’est un bon signe pour la démocratie », dit-il.
Commentaires (4)
Un sénégalais, et qui se dit musulman, impose à son peuple le choix entre accepter de renoncer au programme pour lequel il a voté ou de souffrir pendant 5 ans au minimum. C'est à prendre ou à prendre. Et si pas content, il existe le suicide.
Et l'on veut que je ne vois pas Macky Sall toujours au pouvoir ?
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.