Sonko "Excellent" à la primature : Pour Lansana Gagny Sakho, Boubacar Kamara fait le grand écart
Une sortie qui n'est pas passée inaperçue. Au lendemain de la déclaration de politique générale du Premier ministre Al Aminou Lo, le 8 septembre, Boubacar Kamara, Secrétaire Général du Gouvernement intervenait sur les ondes de la RFM. De tout son passage, une déclaration a particulièrement marquée les esprits. "Ousmane Sonko comme premier ministre a été excellent", déclarait il. Une affirmation que ne partage pas Lansana Gagny Sakho, Président du Conseil d'Administration de l'APIX. Dans un long texte le militant de Kiiraay les Républicains est venu remettre en question le passage de l'ancien Premier ministre notamment sur sa gestion économique. Le texte in extenso :
La stratégie du grand écart de Boubacar Camara : le défi de la cohérence dans la reconstruction de la crédibilité du Sénégal
Lors du Conseil des ministres du 11 septembre 2026, le Président de la République a fixé un cap clair : restaurer la crédibilité du Sénégal, renforcer la confiance des partenaires financiers, accélérer les réformes et s'appuyer sur une équipe gouvernementale forte, solidaire et pleinement engagée dans la mise en œuvre de sa vision.
Cette orientation intervient dans un contexte particulier. Le Sénégal vient de renouer avec le FMI à travers un nouveau programme de financement destiné à accompagner le redressement des finances publiques, après une période marquée par une dégradation sans précédent des principaux indicateurs macroéconomiques.
La dette publique atteint désormais 132 % du PIB. Le déficit budgétaire a été réévalué à 13,7 % du PIB en 2024 puis à 6,4 % en 2025. La croissance hors hydrocarbures est restée limitée à 2,2 % en 2025. Les agences de notation ont procédé à plusieurs dégradations successives de la note souveraine. Les investissements directs étrangers se sont effondrés de près de 98,9 % et le pays a connu près de vingt-six mois d'isolement financier à la suite de la suspension du précédent programme avec le FMI.
C'est dans ce contexte qu'intervient la récente déclaration de l'ancien Secrétaire général du Gouvernement Boubacar Camara affirmant que Ousmane SONKO aurait été « excellent » à la tête de la Primature.
Naturellement, chacun est libre de son appréciation politique. Mais, en matière de gouvernance publique, une appréciation aussi forte ne se mesure pas à l'intensité des convictions. Elle se mesure aux résultats. Les principaux indicateurs relatifs à la période avril 2024 – mai 2026, présentés par les autorités elles-mêmes ainsi que par les institutions financières internationales, décrivent une réalité particulièrement préoccupante. Face à de tels chiffres, la question n'est plus idéologique. Elle devient factuelle.
Peut-on sérieusement qualifier d'« excellent » un bilan dont les propres données officielles retracent une telle détérioration des équilibres économiques et financiers ?
Mais le véritable sujet est ailleurs. Celui qui porte aujourd'hui ce jugement favorable demeure associé à un environnement politique dont le Premier ministre actuel a lui-même présenté un diagnostic particulièrement sévère de cette période. Dès lors, une contradiction apparaît. Soit le diagnostic présenté par l'exécutif est exact et la qualification d'« excellence » devient difficilement soutenable. Soit cette appréciation est fondée et c'est alors le récit officiel du gouvernement qui se trouve contesté de l'intérieur. Les deux positions ne peuvent durablement coexister sans clarification.
C'est précisément ce que l'on pourrait appeler la stratégie du grand écart : défendre publiquement le bilan d'un ancien chef de gouvernement tout en demeurant au sein d'un dispositif politique dont la légitimité actuelle repose largement sur la nécessité de corriger les conséquences de ce même bilan. Cette situation soulève une question plus profonde : celle de la cohérence collective et de la loyauté institutionnelle.
Peut-on participer à un effort de reconstruction nationale tout en continuant à défendre la période même que les nouvelles autorités présentent comme la principale source des déséquilibres qu'elles s'efforcent aujourd'hui de corriger ? Le paradoxe est d'autant plus saisissant qu'une grande partie des difficultés actuelles est associée à une période durant laquelle l'actuel Président de l'Assemblée nationale occupait les fonctions de Premier ministre.
La question posée n'est donc pas seulement celle de l'évaluation du passé. Elle est avant tout celle de la cohérence du présent.
Car la reconstruction de la crédibilité du Sénégal ne dépendra pas uniquement des réformes économiques ou de l'accord conclu avec le FMI. Elle dépendra également de la capacité des responsables publics à partager un diagnostic commun et à parler d'une même voix sur les causes de la crise comme sur les solutions à y apporter.
Les marchés financiers, les investisseurs, les agences de notation et les partenaires internationaux n'observent pas seulement les indicateurs. Ils observent aussi les comportements. Une équipe qui affiche des lectures contradictoires de son histoire récente fragilise nécessairement la crédibilité du message qu'elle souhaite porter.
Le risque est réel. Une équipe désunie crée de l'incertitude. Or l'incertitude est précisément ce qui a le plus contribué à affaiblir la confiance, à ralentir l'investissement et à compliquer l'accès du pays aux financements internationaux. C'est pourquoi l'appel du Président de la République à une équipe solidaire, disciplinée et alignée sur une vision commune revêt une importance stratégique.
Au-delà des personnes, cette situation nous rappelle une exigence fondamentale : les fonctions publiques sont temporaires, mais la responsabilité envers l'État demeure. Être ministre, secrétaire général ou haut responsable n'est pas un statut. C'est une mission. Une mission qui implique une obligation de cohérence, de responsabilité et de fidélité à l'intérêt général. Lorsque les fidélités personnelles prennent le pas sur la cohérence des positions publiques, le débat politique s'éloigne progressivement de l'intérêt national pour se rapprocher des stratégies individuelles.
La véritable question n'est donc peut-être pas de savoir qui a raison dans ce débat. La question qui mérite d'être posée est beaucoup plus simple :Quel indicateur macroéconomique s'est objectivement amélioré entre avril 2024 et mai 2026 ?
Tant qu'une réponse documentée à cette question ne sera pas apportée, les qualificatifs relèveront du domaine de l'opinion. Les indicateurs, eux, continueront d'appartenir au domaine des faits. Et dans la phase de reconstruction qui s'ouvre, les faits, la cohérence et les résultats pèseront toujours davantage que les déclarations. Car la crédibilité d'un pays se reconstruit difficilement, mais elle commence toujours par une exigence simple : l'alignement entre le diagnostic, le discours et l'action.
Lansana Gagny SAKHO
Kiiraay les Patriotes Républicains
Commentaires (31)
Aujourd'hui la directrice de la communication du même FMI parlé des axes du programme : Le premier axe consiste à rétablir la viabilité des finances publiques « Cela signifie que la stratégie budgétaire du programme sera axée sur le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures, la rationalisation des dépenses et le renforcement des filets de protection sociale ».
Le deuxième axe concerne les réformes structurelles. Celles-ci visent notamment à « soutenir la stratégie budgétaire », explique Julie Kozack.
La Directrice de la communication du FMI précise, à ce propos, que les autorités sénégalaises comptent adopter, en 2027, une stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme.
« Cette stratégie devra préciser la manière dont les autorités souhaitent accroître progressivement les recettes fiscales du Sénégal, afin de dégager à nouveau des marges de manœuvre pour financer les dépenses prioritaires ".
MOBILISATION DES RESSOURCES INTERNES, ACCROÎTRE PROGRESSIVEMENT LES RECETTES FISCALES : si ces "axes" ne sont pas dans le PRES, qu'ils nous disent donc ! Alors que le nouveau PM semble minimiser ce plan Sonko, qu'il l'abroge tout bonnement, pour être cohérent !
Voilà la vérité monsieur Sakho, Camara n’est pas ton égal : il est chef de parti, il a participé à l’élection (toi tu n’oses même pas solliciter 100 parrainages), il n’a pas été traîné en justice par une dame pour escroquerie, il a un cursus universitaire qui te foutrait le complexe, il a occupé de très hautes fonctions, DG des douanes, SG du plus grand ministère sous Wade, inspecteur d’Etat, chef d’entreprise, consultant international. Au même moment tu quémandais de petits contrats de formation bidon dans les entreprises en suppliant tes camarades de promo. Sans Mansour Faye tu serais un diplômé paumé, il t’ai propulsé à deux postes de DG et tu as filé à l’anglaise quand les carottes étaient cuites. On t’a jamais vu sur un plateau relevé pour défendre le changement, tu n’as pas mis un sou troué puisque tu n’avais rien. Contrairement à Kama qui a tenu la dragée haute aux pontes de Benno, et a osé défier le chroniqueur gadiaga dans la fosse aux lions enragés de Diakarlo, il fallait le faire! Où étais-tu en ces moments épiques et historiques ? Nulle part, caché comme une taupe, une vraie. Sonko n’est pas votre égal, son passage a été salué par votre Dieu actuel, le FMI. Remerciez-le pour le PRES qui rapportera plus que le 1/3 que FMI va dégager comme avance, et qui n’aliène pas notre honneur et notre souveraineté. Faites des propositions concrètes monsieur Sakho, vous en êtes incapable, juste un jouisseur et un trompeur, que du vent !
Concernant ce fond, si t'étais honnête t'allais demandé aux autres premiers ministres de faire pareil que lui cad dire où est-ce qu'ils ont mis l'argent.
Lui aumoins il l'a fait et aulieu de bouffer l'argent comme ses prédécesseurs ou de donner l'argent à ses militants il l'a investi pour acquérir des biens pour la primature.
Sonko dou seine morome.
Modou Yade, pour ceux qui ont oublié, est le mari de Lissa Tine, cette jeune femme disparue depuis des années sans traces, et dont le principal accusé est justement ce mari. Qu'une pareille affaire en reste là depuis des années est déjà une preuve que nous sommes dans un pays de merde. Mais que des gens comme celui-là aient la certitude que quand on traine des dossiers pareils, la meilleure solution pour se blanchir est d'aller adhérer au parti de Diomaye Faye, c'est ça la principale merde. "Diomaye ne le protégera pas ", c'est facile à dire, et ce n'est pas ça le problème. Le problème c'est quel signal Diomaye a t il donné pour attirer de pareilles personnes.
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