Tensions à l'Assemblée nationale : Le Dr Mor Fall redoute une « juridictionnalisation » du bras de fer entre l'Exécutif et le Parlement
Invité de l’émission « Point de vue » sur la RTS, le Dr Mor Fall, maître de conférences à la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a livré une analyse rigoureuse des tensions opposant la majorité parlementaire au pouvoir exécutif à l’ouverture de la troisième session extraordinaire de l’Assemblée nationale.
Au cœur des débats figurent plusieurs textes à fort enjeu ayant déjà suscité de vives divergences en commission, notamment la modification de l’article 20 du Code pétrolier et les dispositions relatives à l’encadrement des finances publiques. Pour le constitutionnaliste, la situation actuelle traduit une « logique de confrontation » entre deux pouvoirs légitimes, disposant chacun de prérogatives constitutionnelles propres. Il estime toutefois que cette rivalité politique ne doit pas bloquer le dialogue institutionnel.
Revenant sur la réforme controversée du Code pétrolier, le Dr Mor Fall rappelle que l’approbation des contrats pétroliers relève actuellement de la voie décrétale. La modification portée par les députés vise à imposer l’intervention préalable du Parlement à travers un débat en séance plénière suivi d'un vote.
L'universitaire nuance cependant cette démarche en rappelant que la représentation nationale dispose déjà de mécanismes de contrôle et peut intervenir en amont, notamment au sein des commissions d’examen et de négociation. Selon lui, les acteurs institutionnels doivent impérativement trouver un juste équilibre entre les prérogatives exécutives dans la conduite des négociations et le devoir de contrôle du Parlement sur la gestion des ressources naturelles.
Pour le juriste, l’enjeu dépasse le seul cadre du secteur extractif et touche à la préservation de l’équilibre général des institutions. « Chaque pouvoir dispose de prérogatives constitutionnelles et entend les exercer », soulève-t-il, tout en plaidant pour qu'apparaisse « une logique de collaboration » fondée sur la concertation. Cette démarche transversale s’impose, selon lui, avec une urgence particulière dans ce contexte de cohabitation de fait ou de tensions aiguës entre la majorité parlementaire et la présidence.
Analysant l'escalade des blocages, le Dr Mor Fall avertit que ces tiraillements risquent de basculer du terrain politique vers le champ du droit. « Toute confrontation d’ordre politique peut avoir une répercussion juridique », avertit-il.
Le chercheur redoute ainsi une « juridictionnalisation du conflit », où le Conseil constitutionnel serait amené à arbitrer les litiges portant sur la frontière entre le domaine de la loi et le pouvoir réglementaire. S’appuyant sur les articles 67, 83 et 116 de la Constitution, il rappelle que le texte fondamental a précisément prévu des verrous juridiques pour trancher ces différends. « C’est au Conseil constitutionnel qu'il reviendra, en cas de désaccord persistant, de trancher la compétition des compétences », conclut-il.
Commentaires (9)
L’effet Ismaila Madior fall est désastreux.
Ils font tous maintenant des analyses politisées ou se rapprochent des gouvernements en place.
Au lieu e travailler et de faire des productions scientifiques crédibles.
N'ose pas aller aux élections il sait ce qui l'attend, ce vaurien est entrain de piller les caisses pour son parti de sous hommes.
RÉVEILLEZ-VOUS !!!!!
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