Thiès : 8 ans de prison ferme requis contre quatre hommes poursuivis pour actes contre nature
Les prévenus Kalidou Diallo, alias Pape Kane, Mamadou Seydou Diallo, El Hadj Mamadou Lamine Fall et Amath Khady Thiam ont comparu devant le tribunal des flagrants délits de Thiès pour association de malfaiteurs, actes contre nature réciproques et transmission volontaire du VIH.
L'affaire remonte au 17 octobre 2026, lorsque le poste de police de Nguinth interpelle quatre individus. L'enquête avait été déclenchée à la suite de renseignements faisant état de rencontres organisées par le biais d'une application de rencontres entre hommes.
Selon les éléments de la procédure, les policiers ont infiltré la plateforme et organisé des rendez-vous avec les suspects. C'est ainsi que Kalidou Diallo, alias "Pape Kane", a été interpellé à son domicile, au quartier Hersent.
À la barre, il a expliqué avoir fait la connaissance d'un individu sur le site avant de l'inviter chez lui. Mais son visiteur lui a annoncé qu'il était policier et l'a interpellé. L'exploitation de son téléphone a permis aux enquêteurs de découvrir plusieurs conversations avec des hommes ainsi que des vidéos à caractère pornographique mettant en scène des relations sexuelles entre hommes.
Poursuivi également pour transmission volontaire du VIH, Kalidou Diallo a soutenu qu'il ignorait être porteur du virus.
Les trois autres prévenus ont également été arrêtés avec le même mode d'opération. Interrogé, Amath Khady Thiam a reconnu fréquenter le site de rencontres, tout en niant avoir entretenu des rapports sexuels avec des hommes. Toutefois, les enquêteurs ont découvert dans son téléphone des conversations WhatsApp à caractère homosexuel.
El Hadj Mamadou Lamine Fall a, pour sa part, expliqué qu'il s'était inscrit sur la plateforme dans l'espoir d'obtenir un voyage à l'étranger. L'exploitation de son téléphone a néanmoins révélé sa participation à plusieurs groupes WhatsApp regroupant des hommes. Les enquêteurs ont notamment retrouvé un message dans lequel il demandait à un interlocuteur : « Mba linga yor reuy na ? »
Quant à Mamadou Seydou Diallo, agent communautaire, il a affirmé qu'il fréquentait la plateforme dans le but de sensibiliser les utilisateurs contre l'homosexualité. Une explication qui contraste avec les éléments de l'enquête. Lors de son audition préliminaire, il avait reconnu avoir entretenu des relations sexuelles avec plusieurs hommes, y compris en Côte d'Ivoire. Les policiers ont également découvert dans sa chambre des préservatifs et divers produits lubrifiants.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a estimé que les quatre prévenus avaient été pris en flagrant délit alors qu'ils organisaient des rencontres à caractère sexuel, sans savoir qu'ils avaient affaire à des policiers. Il a également insisté sur les découvertes effectuées après l'exploitation de leurs téléphones.
Il a ainsi requis huit ans d'emprisonnement ferme contre chacun des quatre prévenus.
Le délibéré est prévu le 11 novembre 2026.
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