[JOJ] Bassirou Samb : « Ce que la ville de Dakar a investi est dix fois supérieur aux 5 milliards évoqués »
À la veille du coup d'envoi des premiers Jeux olympiques organisés sur le sol africain, la Ville de Dakar règle ses ultimes détails. Dans cette interview sans langue de bois, Bassirou Samb, adjoint au maire chargé de la Jeunesse et des Loisirs, dresse le bilan des chantiers municipaux. Sites de célébration à la place de la Nation et aux Parcelles-Assainies, réhabilitation de la Piscine olympique et du stade Iba Mar Diop, gestion de la circulation et transparence budgétaire : l'élu balaye les inquiétudes, recadre le débat sur le coût réel de l'événement et révèle que l'effort financier de la capitale dépasse de très loin les 5 milliards de francs CFA initialement avancés.
À quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, la capitale sénégalaise peaufine ses ultimes réglages. Animation urbaine, réhabilitation d’infrastructures, mobilité, héritage sportif, retombées économiques et transparence des dépenses : dans cet entretien exclusif, Bassirou Samb, adjoint au maire de Dakar chargé de la Jeunesse et des Loisirs et président de la commission d'organisation de la municipalité pour les JOJ, défend avec véhémence les engagements de la capitale. Il annonce l'aménagement de plusieurs sites de célébration, la tenue de trois grandes foires et un vaste programme d’activités destiné à faire vibrer les Jeux au-delà des enceintes sportives. Tout en reconnaissant que la pleine mobilisation des Dakarois constitue le défi majeur, l'élu affirme catégoriquement que la contribution financière de la Ville dépasse de loin l'enveloppe de 5 milliards de francs CFA évoquée dans le débat public.
À quelques jours de l’ouverture des JOJ Dakar 2026, les autorités assurent que les infrastructures sont prêtes. Au-delà des déclarations officielles, quel est aujourd’hui l’état réel de préparation ? Dakar est-elle réellement prête à accueillir le monde ?
Oui, je peux affirmer sans détours que Dakar est prête. La capitale s’est parée de ses plus beaux atours pour accueillir ce grand rendez-vous mondial. Il convient toutefois de préciser le périmètre de responsabilité de chacun. La Ville de Dakar avait notamment pour mission de concevoir et d'exécuter le plan d’animation urbaine. Nous avons ainsi élaboré un programme dense comprenant des spectacles de danse, des régates traditionnelles, des animations sportives dans les quartiers et diverses initiatives destinées à faire monter la ferveur avant et pendant les épreuves.
Le branding est désormais quasi achevé dans tous les secteurs. La visibilité des Jeux s'impose au niveau des ronds-points et des grandes avenues, à travers le pavoisement et les supports de communication. Tout ce qui relevait de notre cahier des charges a été exécuté. L’autre volet concerne l’aménagement urbain. À la Médina et dans l'ensemble des communes d'arrondissement concernées, les chantiers ont été achevés et réceptionnés. À la place de l’Indépendance, bien qu'elle ne figure pas parmi les sites de compétition, nous avons jugé indispensable de réhabiliter ce haut lieu symbolique de l’histoire nationale. Cet espace, appelé à brasser de nombreux touristes et visiteurs, a été entièrement rénové puis inauguré par M. le Maire. Au regard de ses engagements, la municipalité est au rendez-vous.
Quels sont les derniers chantiers ou défis qu’il reste à finaliser, et pouvez-vous garantir que tout sera opérationnel à temps ?
Je sors à l'instant d'une réunion du comité d’organisation où nous avons passé au peigne fin l'ensemble des dispositifs. Toutes les directions municipales sont à jour et opérationnelles. Nous avons pris l'initiative de créer des sites de célébration secondaires pour que la fête ne se limite pas aux seuls stades et enceintes de compétition. Le plus grand site sera érigé à la place de la Nation. Nous y aménagerons une foire institutionnelle, des espaces de démonstration et d’initiation à des disciplines sportives méconnues du grand public, ainsi que des concerts et des défilés. Un autre site verra le jour à l’Acapes, aux Parcelles-Assainies, avec une vitrine d'honneur réservée à la lutte traditionnelle. Grand Yoff accueillera également des espaces de célébration animés par la Ville.
Les Jeux comportent aussi une dimension économique capitale. C’est pourquoi la municipalité organise trois grandes foires : la première, à la place de la Nation, réunira les institutions et partenaires ; la deuxième, installée au Building communal, sera dédiée aux jeunes poussées entrepreneuriales et aux femmes artisanes ; enfin, les jardins de l’Hôtel de Ville abriteront une foire culinaire mettant en valeur la gastronomie continentale, où chaque pays hôte présentera quotidiennement ses spécialités. Par ailleurs, nous avons convié des délégations de jeunes issues de 20 pays africains pour leur faire vivre cette expérience au cœur de la capitale.
Quels sont les principaux défis à relever d'ici le coup d'envoi ?
Le défi majeur réside aujourd’hui dans la mobilisation populaire. Il s’agit d’amener chaque Dakaroise et chaque Dakarois à s'approprier l’événement. Nous allons recevoir environ 4 000 invités de toutes nationalités. Dakar doit se hisser à la hauteur de son statut en faisant briller la teranga sénégalaise. Chaque citoyen doit se comporter en ambassadeur. C’est l’appel solennel que lance M. le Maire et que je réitère à l’endroit de notre jeunesse.
Après le départ des délégations et des visiteurs, que restera-t-il concrètement dans le quotidien des Dakarois ?
C’est une question fondamentale. L’héritage se mesure à la fois sur les plans matériel et immatériel. C'est un événement historique, car jamais le continent africain n'avait abrité de Jeux olympiques. Le Sénégal et Dakar ouvrent la voie. Le succès de cette édition conditionnera la capacité de l'Afrique à abriter d'autres grands événements sportifs internationaux. Sur le plan touristique, les retombées sont immédiates : à l’heure où je vous parle, la quasi-totalité des établissements hôteliers affiche complet, ce qui insuffle une dynamique économique précieuse. Sur le plan des infrastructures, la Piscine olympique a été entièrement réhabilitée aux normes internationales, tout comme le stade Iba Mar Diop. Plusieurs autres équipements de proximité ont été rénovés. Ces investissements resteront dans le patrimoine des Dakarois bien après la clôture des épreuves.
Justement, quel dispositif est envisagé pour assurer la gestion et la pérennité de ces infrastructures rénovées ?
Je profite de votre tribune pour lancer un appel pressant à l’État. La Piscine olympique a toujours été gérée par la Ville de Dakar, et nous souhaitons vivement que sa gestion continue de relever de la municipalité. De même, nous souhaitons que le stade Iba Mar Diop soit rétrocédé à la Ville. Ces équipements de haut niveau nécessitent une maintenance rigoureuse et continue pour permettre à nos jeunes athlètes de s'entraîner dans des conditions optimales et d'engranger des médailles internationales. Les aménagements réalisés pour le skateboard, le football et d'autres disciplines de rue obéissent à la même exigence de durabilité.
La circulation et la mobilité urbaine inquiètent fortement les usagers. Comment la municipalité compte-t-elle préserver la fluidité du trafic durant les Jeux ?
Un événement d'une telle envergure engendre inévitablement des contraintes opérationnelles. J’appelle à la compréhension de tous nos concitoyens. Pendant quinze jours, le monde aura les yeux rivés sur Dakar. Les restrictions de circulation cibleront essentiellement les périmètres adjacents aux sites de compétition et les axes réservés au transport des délégations officielles. La Ville et les services de l'État renforcent la communication afin que chacun puisse anticiper ses déplacements.
Existe-t-il un plan de circulation ou des consignes spécifiques pour les acteurs économiques et les travailleurs ?
Le ministère en charge des Infrastructures et les autorités de régulation des transports ont publié un guide officiel de la mobilité qu'il convient de consulter rigoureusement. Une campagne d’information d’envergure est en cours. Il s'agit d'un effort temporaire de quinze jours pour offrir une image exemplaire de notre pays à nos hôtes.
Quelle est la contribution financière exacte de la Ville de Dakar dans l'organisation de ces JOJ ?
La Ville a consenti un effort financier massif, bien supérieur à ce qui est parfois véhiculé. Si l'on additionne les réalisations exécutées cette année en matière de voirie, d’aménagement paysager, de branding et de réhabilitation de terrains de sport, la contribution municipale dépasse très largement les 5 milliards de francs CFA évoqués dans le débat public. L'engagement de la Ville est en réalité près de dix fois supérieur à cette enveloppe initiale. Le moment venu, un bilan comptable exhaustif et transparent sera présenté aux citoyens.
Comment les citoyens pourront-ils contrôler la bonne utilisation de ces deniers publics ?
Nous évoluons dans un cadre républicain strict doté d'organes de contrôle rigoureux. Le Conseil municipal vote les budgets, autorise les engagements de dépenses et contrôle l'exécution des projets. Au-delà des vérifications institutionnelles, la Ville a développé des plateformes numériques d'information permettant à chaque citoyen de suivre en toute transparence les réalisations et l'affectation des ressources.
Comment la Ville s'assure-t-elle que ces Jeux profiteront également à la jeunesse des quartiers populaires ?
C’est le cœur de notre feuille de route. Nous déployons un vaste programme de territorialisation des infrastructures sportives. La municipalité aménage des terrains en gazon synthétique et des plateaux de basket-ball au cœur des communes d'arrondissement pour garantir un accès universel à la pratique sportive. En outre, sur le plan diplomatique, Dakar a rejoint l’Union mondiale des villes olympiques, ce qui renforce notre coopération décentralisée et notre attractivité.
Des programmes d'accompagnement socioprofessionnel ou de formation sont-ils adossés à cet événement ?
Absolument. À travers notre programme d’équipement et de promotion sportive, développé en partenariat avec la Fondation de développement de l'histoire, de nombreux jeunes Dakarois bénéficient de formations qualifiantes aux métiers du sport. De surcroît, la Direction des sports de la Ville finance chaque année des sessions de formation et de recyclage pour les arbitres, permettant à des dizaines de jeunes d'obtenir des diplômes officiels. Nous structurons ainsi une véritable économie du sport à l'échelle métropolitaine.
Pouvez-vous nous donner un engagement concret pour le lancement des festivités ?
Les résultats sont déjà visibles à travers toute la métropole. La Ville de Dakar donne rendez-vous à l'ensemble des populations ce vendredi 30 octobre à la place de la Nation. En marge de la clôture de la tournée de la flamme olympique, nous procéderons au lancement officiel de nos activités culturelles et festives avec le démarrage solennel de la saison « Penthioum Dakar ».
Commentaires (10)
A part le Stade Iba Mar Diop et le la piscine olympique (je ne sais même pas si cela fait parti des investissements dont il parle), je vois vraiment pas d'autres investissements sérieux. Tout le reste, on dirait décorations Noël des jeux de lumières en veux-tu en voilà
Quelques indicateurs permettent de mesurer la situation :
- Trafic aérien : l'Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) annonce environ 2,94 millions de passagers en 2025, soit une progression limitée de 0,46 % par rapport à 2024.
- Transit aérien : recul de 15,9 %, notamment dans un contexte de réorganisation du réseau d'Air Sénégal.
- Mouvements d'avions : baisse de 9,73 %.
- Tourisme international : les statistiques fiables sur le nombre réel de touristes restent insuffisantes.
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.