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LFR 2026 : un rejet sans débat qui interroge la responsabilité des députés (Par David DIOP)

Auteur: David Diop

LFR 2026 : un rejet sans débat qui interroge la responsabilité des députés (Par David DIOP)

LFR 2026 : un rejet sans débat qui interroge la responsabilité des députés (Par David DIOP)

Le 3 novembre 2026, l'Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Une décision politique majeure, mais une séquence parlementaire qui laisse plusieurs questions en suspens.

Adoptée par 109 voix contre 20 et trois abstentions, la question préalable a mis fin à l'examen du projet de loi n° 40/2026, sans véritable débat général sur son contenu.

Les députés avaient-ils le droit de rejeter ce texte ? Absolument. Mais pouvaient-ils se dispenser d'expliquer aux Sénégalais les raisons d'une décision qui engage directement les finances publiques et l'avenir économique du pays ?

C'est toute la question.

Un rejet qui intervient dans un climat de tensions

Le processus d'examen de la LFR avait déjà été marqué par des désaccords au sein de la commission des finances. Après deux rejets, le gouvernement avait obtenu, le 27 octobre, un renvoi du texte en commission afin de poursuivre les discussions.

Les divergences portaient notamment sur les subventions énergétiques, les dépenses sociales, les investissements publics, la dette et certains audits.

En séance plénière, la controverse s'est accentuée autour du rapport de la commission. Le ministre des Finances, Cheikh Diba, a contesté certains éléments du document présenté. Des députés ont également évoqué une possible altération du rapport.

Ces accusations, qui nécessitent des vérifications indépendantes, auraient mérité des éclaircissements publics. La transparence sur les documents et les travaux de la commission apparaît aujourd'hui indispensable.

L'absence du président de l'Assemblée nationale interpelle

Autre fait marquant : l'absence d'Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale, au perchoir lors de cette séance décisive. Les travaux ont été dirigés par le premier vice-président, Malick Ndiaye.

Si cette suppléance est prévue par le règlement intérieur, la présence du président de l'institution aurait pu revêtir une portée symbolique particulière dans un contexte de tensions institutionnelles.

Le rôle du leadership parlementaire ne se limite pas au respect des procédures. Il consiste également à garantir les conditions d'un débat contradictoire et à préserver la crédibilité de l'institution.

Les économies annoncées méritaient un véritable examen

La rationalisation des agences et structures parapubliques constituait également un enjeu important de cette loi de finances.

Le 4 mars 2026, le Conseil des ministres avait annoncé un programme portant sur 19 entités proposées à la suppression et 10 autres appelées à être repositionnées. Les économies nettes envisagées étaient estimées à 55 milliards de FCFA sur trois ans.

Ces annonces soulevaient pourtant plusieurs questions : quelles économies ont réellement été réalisées ? Quels coûts accompagnent ces restructurations ? Quelles conséquences pour les services publics et les ressources humaines ?

Autant de sujets qui auraient mérité une évaluation parlementaire approfondie.

Derrière les chiffres, les préoccupations des Sénégalais

Une loi de finances rectificative ne concerne pas uniquement les spécialistes des finances publiques.

Elle touche directement aux investissements de l'État, aux subventions énergétiques, aux dépenses sociales et au financement des services publics.

Le gouvernement doit expliquer ses choix et répondre aux interrogations. Le Parlement doit exercer pleinement sa mission de contrôle.

Mais lorsque l'examen d'un texte s'arrête avant le débat sur le fond, les citoyens perdent l'occasion de comprendre les divergences et d'évaluer les arguments des différentes parties.

Le Parlement doit être à la hauteur de ses responsabilités

Le rejet de la LFR 2026 peut être défendu comme un choix politique. Mais il ne doit pas faire oublier les exigences de responsabilité et de transparence qui accompagnent le mandat parlementaire.

Il ne s'agit pas de demander aux députés d'approuver systématiquement les propositions du gouvernement. Il s'agit d'exiger qu'ils examinent les textes, confrontent les arguments et expliquent leurs décisions.

Les Sénégalais n'ont pas élu leurs représentants pour assister à des rapports de force politiques. Ils les ont élus pour défendre leurs intérêts, contrôler l'utilisation des ressources publiques et participer à la construction de l'avenir national.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Le 3 novembre 2026, l'Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative 2026 via une question préalable adoptée par 109 voix contre 20 et trois abstentions, mettant fin à l'examen du texte sans débat général sur son contenu. - Le processus avait été marqué par des désaccords en commission des finances (subventions énergétiques, dépenses sociales, investissements publics, dette, audits), et en plénière le ministre des Finances Cheikh Diba a contesté certains éléments du rapport, des députés évoquant une possible altération de celui-ci. - Le président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko était absent du perchoir lors de cette séance, dirigée par le premier vice-président Malick Ndiaye ; par ailleurs, le programme annoncé le 4 mars 2026 portait sur 19 entités proposées à la suppression et 10 à repositionner, avec des économies nettes estimées à 55 milliards de FCFA sur trois ans.
Auteur: David Diop
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Commentaires (2)

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    Vide Diop il y a 1 jour
    La question est posée et reposée des millions de fois au gouvernement qui refuse de clarifier, préférant mettre sa LFR et "grande connaissance de l’économie et des finances" entre les bazins et les flatteries des communicateurs traditionnels et le défunt ndiaga mbaye pour nous chanter sa mélodie inexplicable et toujours inexpliquée appelée LFR. Nous sommes désormais des habitués de cette musique si mélancolique de la rencontre entre des questions aussi sérieuses et sensibles qui composent avec le silence cacophonique du PR Diomaye nous laissant "une tension irrésolue" comme tonalité de fin.
    Nos députés ont été les seuls ,constants , claires malgré la rudesse du travail et le niveau de beaucoup d'entre eux ,dans cette affaire.
    Les Sénégalais sont agréablement surpris par cette législature.
    David Ce n'est pas comme ça qu'on se souviendra de vous!
  • avatar
    Makhtar Ndiaye il y a 23 heures
    Il ne peut y avoir de débat sans que l'assemblée ne dispose des documents demandés. Avoir zéro député, faire du ma teye, est une ineptie. Il ne sert à rien d'être arrogant quand on n'a pas une légitimité

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