News Feed
Jeudi 5 novembre 2026
à Dakar
Close icon
Se connecter

Quand le trajet domicile-travail pèse aussi sur l’entreprise : Le regard d’un DRH (Dossier 2/3)

Auteur: Adama SY

Quand le trajet domicile-travail pèse aussi sur l’entreprise : Le regard d’un DRH (Dossier 2/3)

Quand le trajet domicile-travail pèse aussi sur l’entreprise : Le regard d’un DRH (Dossier 2/3)

🎧 Écouter l'article
0:00
--:--
206 écoutes

Après avoir raconté, dans la première partie de notre dossier, ce que les longs trajets coûtent aux travailleurs en temps et en argent, ce deuxième volet s’intéresse à l’autre versant du problème : ce que ces déplacements coûtent à l’entreprise. Fatigue, retards, absences, télétravail, recrutement, productivité… Le phénomène dépasse désormais la seule question du transport. Il interroge directement l’organisation du travail. Souleymane Fall, directeur des ressources humaines à Seneweb, livre son analyse.

​M. Fall, dans votre entreprise, certains travailleurs passent-ils plusieurs heures par jour dans les transports pour se rendre au travail ?

​Oui, nous avons effectivement des collaborateurs qui mettent parfois plus de deux heures pour rallier leur lieu de travail. Cette situation s'explique en grande partie par les embouteillages monstres que connaît notre agglomération aux heures de pointe, notamment le matin et en fin de journée. Ces travailleurs utilisent des moyens de transport variés : taxi, car rapide, bus, train, BRT, ou encore leur véhicule personnel. Ceux qui résident dans les zones les plus éloignées peuvent effectivement passer 2 à 3 heures par jour uniquement dans les transports.

​Et quelles sont les conséquences de ces longs trajets sur les salariés lorsqu’ils arrivent au travail ?

​Il est indéniable que ces longs trajets génèrent de la fatigue chez nos collaborateurs. Cela dit, nous avons mis en place une organisation destinée à atténuer ce phénomène. Le transport du retour est assuré pour l'ensemble du personnel. De même, pour toutes les couvertures médiatiques, le transport est pris en charge de bout en bout : les journalistes sont même déposés directement de leur domicile jusqu'au lieu du reportage le matin. C'est une exigence de notre métier, car dans le cadre des couvertures médiatiques, aucun retard n'est toléré, l'actualité n'attend pas.

A lire Aussi : 

https://seneweb.com/fr/news/Dossier/quand-aller-travailler-coute-une-partie-du-salaire-le-calvaire-des-longs-trajets-a-dakar-dossier-13_n_502569.html

​Au-delà de la fatigue, ces difficultés de mobilité ont-elles des répercussions sur le fonctionnement de l’entreprise ?

​Nous avons effectivement constaté des cas d'absences liées à ces problématiques de mobilité. C'est la raison pour laquelle nous autorisons un ou deux jours de télétravail par semaine pour les travailleurs qui en font la demande. Je tiens à préciser que ce télétravail est bien encadré : le collaborateur doit être disponible et joignable durant les horaires de travail, et le service RH doit être en mesure de vérifier son effectivité.

​Pourquoi cette nécessité d’encadrer le télétravail ?

​J'insiste sur ce mot « encadré » car notre secteur a ses contraintes propres. En tant que journaliste, vous savez mieux que quiconque que l'information n'attend pas : si l'on accorde trop de jours de télétravail à des collaborateurs qui habitent loin, il devient très difficile de mobiliser rapidement quelqu'un sur un reportage de dernière minute.

Le même principe s'applique à nos équipes commerciales : elles doivent se rendre à des rendez-vous, mais il faut aussi qu'une présence soit assurée au bureau pour recevoir les annonceurs qui se présentent directement ou qui appellent sur nos lignes fixes.

​Les difficultés de mobilité peuvent-elles également influencer les décisions de recrutement ?

​À ma connaissance, aucun collaborateur n'a démissionné spécifiquement en raison de l'éloignement de son domicile. En revanche, en tant que DRH, il m'arrive de faire de la proximité géographique un critère de recrutement. Par exemple, lorsque deux candidats présentent des compétences, une expérience et un savoir-être équivalents, je privilégie celui qui réside le plus près de nos locaux. C'est un facteur qui, à profil égal, peut faire la différence.

​Quelles dispositions votre entreprise a-t-elle prises pour réduire l’impact des longs trajets sur les salariés ?

​Nous avons mis en place plusieurs mesures : la prise en charge du transport retour pour tout le personnel, le transport intégral pour les couvertures médiatiques (aller-retour domicile-reportage) et la possibilité de télétravail encadré un à deux jours par semaine selon les postes.

​Le télétravail peut-il réellement constituer une réponse aux difficultés de mobilité ?

​Depuis la Covid-19, nous avons expérimenté le télétravail et cela a apporté beaucoup de satisfaction, tant sur le gain de temps que sur la productivité. Le télétravail peut effectivement rendre le travailleur plus productif grâce au temps gagné sur les trajets.

Mais il faut aussi être lucide sur nos réalités : est-ce que chaque collaborateur dispose chez lui d'un espace calme propice à la concentration ? Ce n'est pas toujours le cas.

C'est pourquoi je pense que cette opportunité doit surtout être offerte aux collaborateurs les plus expérimentés et les plus autonomes, car ils peuvent être évalués sur la base des missions confiées et de leur bonne exécution.

L'employeur doit par ailleurs être en mesure de s'assurer que le salarié est effectivement à son poste durant les heures de travail ; je pense notamment à la clause de non-concurrence inscrite dans les contrats, dont l'effectivité doit pouvoir être vérifiée. Aujourd'hui, il existe des outils qui permettent d'organiser et d'encadrer le télétravail, dans l'intérêt à la fois de l'outil de production et du travailleur.

​Au-delà du télétravail, faut-il selon vous repenser l’organisation du travail pour tenir compte des difficultés de mobilité ?

​Je pense qu'une réflexion sur l'organisation du travail est nécessaire, mais elle doit rester équilibrée et adaptée aux réalités de chaque secteur d'activité. Des aménagements comme les horaires décalés ou le transport organisé du personnel peuvent constituer des pistes complémentaires au télétravail, en particulier pour les métiers qui, comme le nôtre, exigent une réactivité permanente et ne peuvent pas reposer uniquement sur le travail à distance.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Le DRH de Seneweb, Souleymane Fall, constate que certains collaborateurs passent 2 à 3 heures par jour dans les transports à cause des embouteillages, avec des conséquences comme la fatigue et des absences. - L'entreprise a mis en place des mesures : prise en charge du transport retour pour tout le personnel, transport intégral pour les couvertures médiatiques, et télétravail encadré de un à deux jours par semaine. - La proximité géographique peut être un critère de recrutement à profil égal, et le télétravail est jugé bénéfique pour la productivité mais réservé aux collaborateurs expérimentés et autonomes.
Auteur: Adama SY
Publié le:
Mis à jour le:

Commentaires (19)

Trier par :
Seuls les membres inscrits ayant reçu des 👍 apparaissent dans ce classement. Se connecter pour y figurer
  • avatar
    Darkpenguin ⭐ Top commentaire il y a 2 mois
    Après avoir abordé le problème de l'importation massive et incontrôlée de véhicules techniquement impropres à la circulation et destinés à la casse, ainsi que celui de l'encombrement causé par les vendeurs à la sauvette: les marchands ambulants et les tabliers, penchons-nous à présent sur la question du stationnement.
    Il aurait fallu installer des bornes de paiement automatisées, avec des tarifs suffisamment élevés pour dissuader les automobilistes de stationner toute la journée et les inciter plutôt à se contenter de déposer leurs passagers surtoutpourles particuliers. Le laxisme des autorités municipales et leur refus de tirer parti des expériences d'autres villes figurent parmi les défaillances à l'origine de la congestion routière dans le centre-ville de Dakar, un phénomène qui s'étend de la sortie de l'autoroute de l'avenue Malick Sy, jusqu'au-delà au Cap Manuel.
    Il convient également de souligner la perception qu'ont les citoyens sénégalais de la distinction entre espace privé et espace public en matière de stationnement, notamment en ce qui concerne les trottoirs et les bandes de chaussée adjacentes. Ces empiétements, souvent dus à des véhicules laissés en stationnement toute la journée, réduisent de fait la rue à deux voies de circulation en sens opposé, paralysant ainsi les déplacements tant des véhicules que des piétons (qui devraient pourtant pouvoir utiliser ces espaces qui leur sont réservés). Les embouteillages qui en résultent s'étendent sur des kilomètres, rendant finalement l'accès au centre-ville quasi impossible.
  • avatar
    CEDDO il y a 2 mois
    Moi je conduis mon véhucule jusqu’à l’arrêt du Ter et je prends le Ter.
  • avatar
    Mixx il y a 2 mois
    On doit penser a créer un système de transports de métro, pour moi c’est la seule solution , Dakar est serré, on ne peut plus rien y faire en matière de transport
  • avatar
    Pays il y a 2 mois
    Effectivement on doit y penser.

    L'autre problème c'est qu'au Sénégal le tout le monde veut avoir son propre véhicule ce qui complique le trafic. La solution est de rendre les moyens de transport en commun plus confortables et régulier afin d'inciter les gens à les prendre. C'est mieux que chacun essaye de se déplacer avec son véhicule.
  • avatar
    Pisko il y a 2 mois
    Le brt et le ter sont des métros ou assimilés de fait
  • avatar
    Labissina il y a 2 mois
    Un réseau métropolitain souterrain sera l'avenir de Dakar, qui desservira tous les quartiers, sinon d'ici quelques annees Dakar sera invivable.
  • avatar
    La vérité il y a 2 mois
    En temps, en argent et... en santé.
  • avatar
    Citoyen il y a 2 mois
    Surtout santé et bcp n'y pense pas,après un certains devoir rester 1h voir 2 h assis dans les transports en plus du temps assis au travail augmente les problème du a la sédentarité
  • avatar
    AGORA il y a 2 mois
    Si on ne fait pas preuve d'imagination, d'intelligence constructive et d'anticipation dans la gestion, on finira ensemble par mourir comme des animaux entassés sans repère ni perspectives. Quand on voit dans nos Sicap et cités les gens garer leurs voitures sur les trottoirs dans les deux sens sur des ruelles et partout les gens carreler et s'approprier l'espace public on ne que que fermer les yeux et pleurer par tant de laisser-aller et d'impunités extensives à l'émeri
  • avatar
    Boymelakh il y a 2 mois
    Ceux et celles qui peuvent , doivent faire du télétravail, gagner en temps et moins de circulation.
    wakhouniou télé-travail
    ni thé lait travail
    defaard deukbi lagniou wakh
  • avatar
    Yale il y a 2 mois
    Axe Diamniadio - Bargny est l’axe le plus difficile pour les travailleurs. Par exemple au rond point de la sortie 10 , vous pouvez faire plus de 2 H de temps perdues. L'auto pond Diamniado qui devait faciliter les choses déjà construit par Macky attend l’inauguration.
  • avatar
    Le guide de la trahison il y a 2 mois
    En fait,au Sénégal et partout en Afrique les gens travaillent pour ne pas être oisifs seulement.Un Sénégal qui se lève à 5h du matin et rentre à 20h le soir pour se retrouver avec 150 mille par mois et souvent sans contrat de travail.Plus grave dans les entreprises libanaises où il y a une discrimination salariale,un libanais qui ne sait même pas allumer un ordinateur est payé selon le barème salariale français au même moment noir bac plus 8 ne peut pas obtenir 500 mille francs .Tout cet esclavage moderne se fait avec la complicité des inspecteurs de travail et des DRH qui sont les négriers des temps modernes.Un DRH est comme un serére de vrais lâches..C’est pourquoi le système et l’oligarchie a tout fait pour combattre Sonko très proche des démunis..Malheureusement,le broussard kaw kaw au pouvoir a vendangé notre projet.
  • avatar
    Arthur il y a 2 mois
    Je te jure les gens qui font Dakar rufisque sans posséder un véhicule vivent l’enfer c’est épuisant
  • avatar
    Odiodio il y a 2 mois
    Merci beaucoup Dg voici au moins un débat qui vraiment doit interpellé plus d un . Au lieu des débats stériles politico -personnels.c est un sujet qui interpelle chaque sénégalais et je pense on doit y apporter des solutions immédiates mais surtout concrétes.état,chefs d entreprises, entreprises., entrepreneurs etc...Dakar est trop trop saturé. Cecii c est à tout les niveaux.on suffoque à Dakar .je t jure. Wait and see .
  • avatar
    Urban il y a 1 mois
    Déménagement des entreprises et institutions étatiques vers Thies, diourbel,mbour,
    Aussi simple.

Participer à la Discussion

Règles de la communauté
  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.

Emoji